Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj
Mosaique de la Chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

La tâche prophétique de l'agent de communication chrétien

« L'agent de communication chrétien en particulier a une tâche prophétique, une vocation: dénoncer les faux dieux et les fausses idoles d'aujourd'hui — matérialisme, hédonisme, consumérisme, nationalisme étroit, etc. ... — proclamant à tous un ensemble de vérités morales fondées sur la dignité et les droits humains, l'option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, l'amour des ennemis et le respect inconditionnel de toute forme de vie humaine, de la conception à la mort naturelle; et la recherche de la réalisation la plus parfaite du Royaume dans ce monde, tout en demeurant conscient que, à la fin des temps, Jésus restaurera toutes choses et les retournera au Père » (cf. 1 Co 15,24)." {

{L'ethique dans les moyens de communication sociale", Mgr John Folley Vatican 2000}
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mardi 27 novembre 2012

Comprendre les défis de la nouvelle évangélisation | La-Croix.com

27/11/12 - 16 H 28 MIS À JOUR LE 27/11/12 -

Comprendre les défis de la nouvelle évangélisation
 La Croix  propose un hors-série de 80 pages, pédagogique et synthétique pour découvrir l'histoire et le sens de la nouvelle évangélisation, un mois après la fin du Synode qui s'est tenu à Rome.
couv-hs-ne

Le Synode qui s'est tenu à Rome, du 7 au 28 octobre, a redit avec force l'enjeu que représente la « nouvelle évangélisation » pour l'Église. Avec ce nouveau hors-série, élégant et richement illustré, La Croix a voulu explorer ce mouvement qui doit animer l'Église de demain. Il s'agit d'abord de comprendre le sens de la nouvelle évangélisation, en l'inscrivant dans la perspective de l'histoire millénaire de l'annonce de la foi. On trouvera le portrait de quelques grandes figures de l'évangélisation : Cyrille et Méthode, évangélisateurs des peuples slaves, Louis-Marie Grignon de Montfort, envoyé auprès des « pauvres des campagnes » françaises au XVIIe siècle, Georges Guérin, fondateur de la Jeunesse ouvrière chrétienne…
L'évangélisation est « nouvelle » parce que le monde a changé. « De ce point de vue, le savoir-faire de la France, "laboratoire de la nouvelle évangélisation" parce que pays d'Europe touché le plus tôt par la sécularisation, est reconnu par tous dans l'Église universelle », écrit Isabelle de Gaulmyn, aujourd'hui chef du service La-Croix.com, qui a coordonné le hors-série.

REDÉCOUVRIR LA DIMENSION MISSIONNAIRE DE L'ÉGLISE

Au fil des pages, le lecteur rencontrera les visages de ceux qui font la nouvelle évangélisation dans notre pays. Ainsi, le P. Samuel Rouvillois, frère de la communauté de Saint-Jean, et le P. Thierry Hubert, dominicain, animent chaque été les rencontres Foi et culture au Festival d'Avignon. Dans tous les domaines, se manifestent de nombreuses initiatives, menées par de jeunes catholiques : au service des plus pauvres, sur Internet, dans les domaines des relations interreligieuses, de la musique chrétienne… Chaque parcours répond à la question : comment devient-on « évangélisateur » ? On trouvera également un carnet pratique des « bonnes adresses » en France, destiné à ceux qui veulent s'y investir.
Enfin, ce numéro aborde les enjeux dessinés par le dernier Synode, qui a invité l'Église à redécouvrir sa dimension missionnaire au moyen d'une conversion personnelle et d'une ardeur renouvelée.
De ce point de vue, la synthèse des 58 propositions des pères synodaux et leur lettre intitulée Message au peuple de Dieu  sont très éclairantes tout comme les entretiens avec quelques personnalités engagées dans la nouvelle évangélisation : Michelle Moran, présidente des services pour le renouveau charismatique catholique international, Enzo Bianchi, prieur de la communauté œcuménique de Bose, en Italie, Frère Aloïs de Taizé…
Disponible en kiosque et sur commande surwww.boutiquebayard.com (10 €).
ADRIEN BAIL
27/11/12 - 16 H 28 MIS À JOUR LE 27/11/12 -
http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Comprendre-les-defis-de-la-nouvelle-evangelisation-_NG_-2012-11-27-880858


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samedi 17 novembre 2012

Benoît XVI appelle les jeunes à évangéliser Internet | La-Croix.com


Page d'accueil du site Pope2you.net.
Corinne Simon/Ciric

Page d'accueil du site Pope2you.net.

Avec cet article
C'est par un message long et dense que Benoît XVI a choisi de s'adresser aux jeunes du monde entier, à l'occasion des prochaines Journées mondiales de la jeunesse de Rio. Détaillant, mot par mot, le thème choisi (« Allez ! De toutes les nations faites des disciples »), il ne confirme ni n'infirme sa venue au Brésil.
Rappelant qu'il avait été un « témoin émerveillé » des journées de Madrid, le pape rappelle d'abord aux jeunes à quel point « l'Église compte sur vous ».
Sachant que « nous traversons une période de l'histoire de l'humanité très particulière », le pape rappelle aux jeunes qu'« on ne peut être un croyant véritable sans évangéliser ».


« C'EST À VOUS QU'INCOMBE LA TÂCHE DE L'ÉVANGÉLISATION DE CE CONTINENT DIGITAL »

Il leur rappelle également « l'héritage magnifique des générations passées », cette « chaîne immense d'hommes et de femmes qui nous ont transmis la vérité de la foi et qui comptent sur nous pour que d'autres la reçoivent. » « Laissez faire l'amour de Dieu pour vaincre la tendance à vous replier sur vous-mêmes », lance Benoît XVI aux jeunes, les appelant à exercer leurs talents d'évangélisateurs dans deux domaines.
D'abord Internet. « C'est à vous, jeunes, qu'incombe, en particulier, la tâche de l'évangélisation de ce continent digital », écrit le pape, les invitant à éviter « ses pièges, en particulier le risque de dépendance, le danger de confondre le monde réel et le monde virtuel ».
Ensuite les voyages, sans oublier « les mouvements migratoires, qui peuvent devenir de providentielles occasions pour la diffusion de l'Évangile ». « Ne craignez pas proposer à vos amis la rencontre avec le Christ », insiste le pape, et « à vous enraciner dans la prière et dans les sacrements. ».
Concluant sur la nécessité du lien avec la communauté ecclésiale (« On n'est pas témoin de l'Évangile tout seul »), Benoît XVI ressaisit la figure du Christ du Corcovado, qui se déploie au-dessus de la baie de Rio, en ces termes : « Devenez le cœur et les bras de Jésus ! »
F. M., à Romehttp://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Rome/Benoit-XVI-appelle-les-jeunes-a-evangeliser-Internet-_NG_-2012-11-16-876861


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lundi 29 octobre 2012

Synode- 7 axes pour dessiner la nouvelle évangélisation

Synode 7 axes pour dessiner la nouvelle évangélisation

La Croix 28/10/2012

À travers les 58 propositions remises à Benoît XVI, les pères synodaux esquissent les points forts de la nouvelle évangélisation.


1- « Nous proposons que l'Église proclame la dimension permanente et mondiale de sa mission, en vue d'encourager toutes les Églises particulières à évangéliser.
Tout d'abord l'évangélisation "ad gentes" est l'annonce de l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ.
Ensuite, elle inclut la croissance continuelle dans la foi, qui est la vie ordinaire de l'Église.
Enfin, la nouvelle évangélisation est spécialement orientée vers ceux qui ont pris leurs distances vis-à-vis de l'Église. » (Proposition n° 7)

2-« S'adapter aux cultures urbaines »

« L'Église reconnaît que les villes et la culture urbaine qu'elles expriment, autant que les transformations qu'on y observe, sont un lieu privilégié pour la nouvelle évangélisation.
Mettant en œuvre un plan pastoral urbain, l'Église veut identifier et comprendre ces expériences, ces langages et ces modes de vie propres aux sociétés urbaines. » (n° 25)

3-« L'institution d'un ministère de catéchiste »

« Une bonne catéchèse est indispensable à la nouvelle évangélisation. (…)
Il faut tout faire, en fonction des possibilités locales,
pour disposer de catéchistes avec une bonne formation ecclésiale, biblique, doctrinale et pédagogique.
Le témoignage personnel, en lui-même, est une forme puissante de catéchèse. (…)
Selon la lettre apostolique Ministeria quaedam de Paul VI, les conférences épiscopales ont la possibilité de demander au Saint-Siège l'institution d'un ministère de catéchiste. » (n° 29)

4-Le rôle central de la paroisse

« La paroisse continue à être la première présence de l'Église, le lieu et l'instrument de la vie chrétienne, capable d'offrir la possibilité d'un dialogue entre les hommes, adapté à l'écoute et à l'annonce de la Parole de Dieu, par la catéchèse, l'exercice de la charité, la prière, l'adoration et de joyeuses célébrations eucharistiques. (…)
Les paroisses devraient constituer des cellules vivantes, lieux de promotion de la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ, expérimenter la richesse de la liturgie, donner une formation chrétienne tant initiale que permanente, et éduquer tous les baptisés à la fraternité et à la charité, spécialement envers les plus pauvres. » (n° 26)

5- L'indispensable autorité de l'évêque

« Les diocèses sont une "portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'avec l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur" (Christus Dominus, 11), au sein duquel les diverses réalités charismatiques reconnaissent l'autorité de l'évêque comme nécessaire à leur propre action au service de la communion ecclésiale. (…)
Les dons hiérarchiques et les dons charismatiques, découlant de l'Esprit de Dieu, ne sont pas en compétition mais co-essentiels à la vie de l'Église et à l'efficacité de son action missionnaire. » (n° 43)

6- L'égale dignité des hommes et des femmes

« L'Église apprécie l'égale dignité des hommes et des femmes dans la société comme étant créés à l'image de Dieu, et au sein de l'Église sur la base de leur vocation commune de baptisés en Christ. (…)
Le synode reconnaît qu'aujourd'hui, les femmes (laïques et religieuses) ensemble avec les hommes, contribuent à la réflexion théologique à tous les niveaux, et partagent leurs responsabilités pastorales à tous les niveaux, faisant ainsi progresser la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi. » (n° 46)

7-Intensifier les relations avec les musulmans

« Le dialogue avec tous les croyants est une partie de la nouvelle évangélisation.
L'Église invite les chrétiens à persévérer et à intensifier leurs relations avec les musulmans. (…) En dépit des difficultés, ce dialogue doit se poursuivre. (…) Fidèle à l'enseignement de Vatican II, l'Église respecte les autres religions et leurs croyants et est heureuse de collaborer avec elles dans la défense et la promotion de la dignité inviolable de la personne. » (n° 53)



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Sept axes pour dessiner la nouvelle évangélisation

Sept axes pour dessiner la nouvelle évangélisation

La Croix 28/10/2012

À travers les 58 propositions remises à Benoît XVI, les pères synodaux esquissent les points forts de la nouvelle évangélisation.


1- « Nous proposons que l'Église proclame la dimension permanente et mondiale de sa mission, en vue d'encourager toutes les Églises particulières à évangéliser.
Tout d'abord l'évangélisation "ad gentes" est l'annonce de l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ.
Ensuite, elle inclut la croissance continuelle dans la foi, qui est la vie ordinaire de l'Église.
Enfin, la nouvelle évangélisation est spécialement orientée vers ceux qui ont pris leurs distances vis-à-vis de l'Église. » (Proposition n° 7)

2-« S'adapter aux cultures urbaines »

« L'Église reconnaît que les villes et la culture urbaine qu'elles expriment, autant que les transformations qu'on y observe, sont un lieu privilégié pour la nouvelle évangélisation.
Mettant en œuvre un plan pastoral urbain, l'Église veut identifier et comprendre ces expériences, ces langages et ces modes de vie propres aux sociétés urbaines. » (n° 25)

3-« L'institution d'un ministère de catéchiste »

« Une bonne catéchèse est indispensable à la nouvelle évangélisation. (…)
Il faut tout faire, en fonction des possibilités locales,
pour disposer de catéchistes avec une bonne formation ecclésiale, biblique, doctrinale et pédagogique.
Le témoignage personnel, en lui-même, est une forme puissante de catéchèse. (…)
Selon la lettre apostolique Ministeria quaedam de Paul VI, les conférences épiscopales ont la possibilité de demander au Saint-Siège l'institution d'un ministère de catéchiste. » (n° 29)

4-Le rôle central de la paroisse

« La paroisse continue à être la première présence de l'Église, le lieu et l'instrument de la vie chrétienne, capable d'offrir la possibilité d'un dialogue entre les hommes, adapté à l'écoute et à l'annonce de la Parole de Dieu, par la catéchèse, l'exercice de la charité, la prière, l'adoration et de joyeuses célébrations eucharistiques. (…)
Les paroisses devraient constituer des cellules vivantes, lieux de promotion de la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ, expérimenter la richesse de la liturgie, donner une formation chrétienne tant initiale que permanente, et éduquer tous les baptisés à la fraternité et à la charité, spécialement envers les plus pauvres. » (n° 26)

5- L'indispensable autorité de l'évêque

« Les diocèses sont une "portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'avec l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur" (Christus Dominus, 11), au sein duquel les diverses réalités charismatiques reconnaissent l'autorité de l'évêque comme nécessaire à leur propre action au service de la communion ecclésiale. (…)
Les dons hiérarchiques et les dons charismatiques, découlant de l'Esprit de Dieu, ne sont pas en compétition mais co-essentiels à la vie de l'Église et à l'efficacité de son action missionnaire. » (n° 43)

6- L'égale dignité des hommes et des femmes

« L'Église apprécie l'égale dignité des hommes et des femmes dans la société comme étant créés à l'image de Dieu, et au sein de l'Église sur la base de leur vocation commune de baptisés en Christ. (…)
Le synode reconnaît qu'aujourd'hui, les femmes (laïques et religieuses) ensemble avec les hommes, contribuent à la réflexion théologique à tous les niveaux, et partagent leurs responsabilités pastorales à tous les niveaux, faisant ainsi progresser la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi. » (n° 46)

7-Intensifier les relations avec les musulmans

« Le dialogue avec tous les croyants est une partie de la nouvelle évangélisation.
L'Église invite les chrétiens à persévérer et à intensifier leurs relations avec les musulmans. (…) En dépit des difficultés, ce dialogue doit se poursuivre. (…) Fidèle à l'enseignement de Vatican II, l'Église respecte les autres religions et leurs croyants et est heureuse de collaborer avec elles dans la défense et la promotion de la dignité inviolable de la personne. » (n° 53)


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Un message d’optimisme pour clôturer le Synode

Un message d'optimisme pour clôturer le Synode
La Croix 28/10/2012
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FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome
L'Église s'est livrée à un « véritable examen de conscience » sur sa manière d'annoncer l'Évangile dans la société, se sont félicités les évêques et experts réunis à Rome pendant trois semaines.

Le Synode sur la nouvelle évangélisation s'est refermé, dimanche 28 octobre, sur la figure évangélique de la Samaritaine choisie par Benoît XVI comme symbole du « devoir de s'asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » .

Si le message final a fait l'unanimité pour l'élan qu'il propose, dans l'héritage de Vatican II, les propositions adressées au pape ont laissé de nombreux pères synodaux sur leur faim.
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Pour Florence de Leyritz, cofondatrice avec son mari des parcours Alpha en France, « une telle capacité de remise en cause est peu courante dans le monde de l'entreprise ». Intuition confirmée par le P. Aldolfo Nicolas, préposé général des jésuites : « Aucune entreprise privée ne passerait le processus que le synode sur la nouvelle évangélisation s'est imposé. » Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis, a vu pour sa part dans le Synode qui s'est refermé ce week-end « l'opportunité de faire un constat collectif international avec sincérité, humilité, fraternité et réalisme ».

Du Nord au Sud, les pères synodaux, comme les experts invités à Rome ces trois dernières semaines, se sont félicités de la qualité des interventions entendues – la plupart en présence du pape, toujours très attentif. On est donc loin d'un « synode romano-curial », aux résultats connus d'avance : aux quatre points cardinaux de l'Église, la nouvelle évangélisation a ouvert les vannes d'un examen de conscience pastoral, « véritable événement spirituel ».

MÉTHODE QUALIFIÉE DE « BROYEUSE »
Inquiétudes, désarroi, questions sans réponses se sont succédé à raison de cinq minutes par orateur. Mais aussi suggestions, propositions, incitations… Tous palpables dans le « message au peuple de Dieu » publié à l'issue des travaux. La Samaritaine y a été choisie comme figure de la nouvelle évangélisation et symbole du « devoir de s'asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » . Dans la droite ligne de Vatican II. Dès avant l'ouverture du Synode, Benoît XVI avait rappelé que l'Église tenait là sa « boussole » . Cette ligne a été constamment rappelée, sans équivoque, durant les débats.

Mais le bât a blessé autour de la méthode employée pour l'organisation des débats, qualifiée de « broyeuse » par un évêque français participant. Alors que jamais autant d'évêques n'avaient été réunis aussi longtemps à Rome sur un thème aussi large, les pères synodaux n'ont pas eu de droit de regard sur l'élaboration finale des propositions qu'ils se sont contentés de voter à la quasi-unanimité.

DEUX « ANGLES MORTS »
D'où la déception à la lecture de ces 58 propositions. Au total, deux lignes de pensée ont coexisté durant ce Synode. L'une, présente dans les propositions, appelle à une refondation de la foi en forme de reconquête sur une triple base : la paroisse territoriale, le prêtre et l'évêque, la modernisation des outils de transmission. L'autre, qui apparaît dans le message, appelle à prendre en compte la métamorphose des questions posées à l'Église par le glissement des plaques tectoniques de la société (famille, travail, argent, écologie, institutions, transmission, autorité, etc.) et à « entrer en conversation » avec elle, en vue d'une « conversion » avec ces nouveaux schémas.

Entre ces deux lignes, le pape, qui tirera les conclusions du Synode dans son exhortation apostolique, peut-être publiée d'ici à dix-huit mois, tient une ligne de crête. Dans son homélie de clôture, il met l'accent sur « trois lignes pastorales » : une insistance sur les sacrements de l'initiation chrétienne ; le lien avec la mission ad gentes de première évangélisation ; et enfin, une attention aux « personnes baptisées qui cependant ne vivent pas les exigences du baptême » , pour qui de « nouvelles méthodes » , de « nouveaux langages », une « créativité pastorale » doivent être mis en œuvre.

Plusieurs participants ont relevé deux « angles morts » : la place des femmes dans l'Église, évoquée marginalement, et l'absence de véritables débats théologiques fondant la nouvelle évangélisation. Parmi les points positifs en revanche, la présence des délégués protestants et orthodoxes a été unanimement saluée ; le Dr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane, et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos Ier se sont amplement exprimés, sans limitation de temps de parole, quasiment à parité avec le pape.

« ALLUMER LE FEU » DE LA FOI
La maladresse du cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, présentant une vidéo de propagande anti-islamiste, a été contrebalancée par de nombreuses interventions appelant à la poursuite du dialogue avec l'islam. Pour autant, de nombreux évêques africains et arabes ont fait part de leurs craintes pour la liberté religieuse dans leurs pays. Et l'annonce de l'envoi d'une mission du synode à Damas est restée pour l'instant à l'état de projet, compte tenu de l'aggravation du contexte syrien.

Au fond, pour comprendre la dynamique de ce Synode, il faut remonter à son tout début, lorsque Benoît XVI a improvisé autour de la « confession » de la foi, qui doit être associée à la charité, afin « d'allumer le feu ». Sur ce point, tous les pères synodaux se sont retrouvés. Tout comme dans la conclusion improvisée par le pape, samedi : « Il a été pour moi vraiment édifiant, consolant et encourageant de voir ici le miroir de l'Église universelle, avec ses souffrances, ses menaces, ses dangers et ses joies, ses expériences de la présence de Dieu, même dans des situations difficiles. »

Reste à cueillir les fruits de ces trois semaines. Quel sera le rôle dévolu au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation ? Benoît XVI a choisi d'élargir ses compétences à la catéchèse. Le Synode a proposé l'institution d'une commission chargée de dénoncer et de documenter les attaques contre la liberté religieuse, et évoqué la possibilité pour les épiscopats de demander à Rome l'institution d'un « ministère spécial du catéchiste ». Comment les diocèses vont-ils recevoir et prendre en charge les orientations données ? « Il n'y a pas de ligne du parti à exécuter », a souri, en conclusion, le rapporteur spécial, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.

FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome


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samedi 27 octobre 2012

L'Église catholique en quête d'un second souffle

    • L'Église catholique en quête d'un nouvel élan

      Mots clés : 
      Par Jean-Marie GuénoisMis à jour  | publié  Réactions (37)
      «Le chrétien ne doit pas être tiède», affirmé Benoît XVI, jeudi au Vatican, lors des états généraux convoqués pour savoir ce qui ne va plus dans l'Église catholiqu
      «Le chrétien ne doit pas être tiède», affirmé Benoît XVI, jeudi au Vatican, lors des états généraux convoqués pour savoir ce qui ne va plus dans l'Église catholiqu Crédits photo : Gregorio Borgia/AP
      •  Le synode sur la nouvelle évangélisation a confirmé la lourdeur d'un appareil méfiant envers les communautés nouvelles.

      Il fallait le culot d'un laïc pour comparer la nouvelle évangélisation à un «match de foot». 
      Jose Prado Flores, mexicain et fondateur d'une école d'évangélisation en pleine expansion au Canada, a osé. 
      Devant les 300 évêques et experts, réunis en synode à Rome et voulu par Benoît XVI pour relancer «la nouvelle évangélisation» et dynamiser les méthodes de l'Église catholique pour ne plus échouer, au moins en Occident, à «transmettre la foi», il a pris cette image: «La pédagogie de la foi est un match de foot avec deux mi-temps. La première mi-temps doit être jouée par les évangélisateurs, les témoins qui ont fait l'expérience d'une rencontre avec Jésus. 
      La seconde mi-temps doit mettre en jeu les catéchistes, les théologiens pour approfondir plus sérieusement la doctrine.
       Vous, les évêques, vous êtes les entraîneurs: vous devez savoir que c'est à la seconde mi-temps que l'on gagne le match mais encore faut-il jouer la première mi-temps!»
      Ce match de la nouvelle évangélisation, l'Église catholique peine à le gagner. Et Benoît XVI le sait, qui a convoqué ces états généraux pour mettre à plat ce qui ne va plus dans l'Église catholique et discerner ce qui porte du fruit. 
      En 1974 déjà, Paul VI, avait convoqué un synode similaire sur «l'évangélisation dans le monde moderne» dont un certain Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, était le rapporteur général. C'est dire si le malaise - que certains attribuent aux réformes du concile Vatican II, d'autres à l'oubli de Dieu véhiculé par la société de consommation - remonte à loin. 
      En attendant, l'Église catholique en Occident souffre et se vide.
       Le document initial du synode qui se clôt ce dimanche - et dont une cinquantaine de «propositions» concrètes et conclusives, seront transmises au Pape aujourd'hui - évoquait même «l'apostasie silencieuse». C'est-à-dire, un rejet de la foi chez les fidèles catholiques. La pire chose du point de vue de l'Église.

      Le kérygme

      En attendant, Jose Prado Flores, dont on retrouve facilement les propos percutants sur le site de KTO, a voulu marquer les esprits. Tirant droit au but, il a insisté sur l'importance de la «première annonce». Sans elle, estime-t-il, la nouvelle évangélisation est vouée à l'échec. «On n'évangélise pas d'abord, assure-t-il, avec des théories, des doctrines et des dogmes. 
      Tout cela est bien mais vient après.» Cette «première annonce», les théologiens l'appellent «le kérygme». C'est le fait d'interroger directement les gens, «connais-tu le Christ?» et de leur en témoigner, tout de go! Une méthode pratiquée sans complexe par les protestants évangéliques. Elle fonde en partie leur succès mais déclenche la critique de prosélytisme.
      Benoît XVI, lui-même, avant d'écouter toutes les interventions - cinq minutes pour chacun - l'avait évoqué à sa façon dans le grand amphi de la salle du synode au Vatican. Lui qui s'autorise très rarement des improvisations avait parlé d'abondance tant ce sujet lui tient à cœur: «Le chrétien ne doit pas être tiède. L'Apocalypse nous dit que là est le plus grand danger du chrétien: qu'il ne dise pas non, mais un oui très tiède. Cette tiédeur discrédite justement le christianisme. 
      La foi doit devenir en nous une flamme de l'amour, une flamme qui allume réellement mon être, devient une grande passion de mon être, et allume ainsi mon prochain. Ceci est le mode de l'évangélisation: Accendat ardor proximos, (l'enthousiasme embrase ceux qui sont autour de moi, NDLR). Que la vérité devienne en moi charité. Et la charité allume l'autre aussi, comme le fait le feu. C'est seulement dans cette action d'allumer l'autre à travers la flamme de notre charité que croît réellement l'évangélisation, la présence de l'Évangile, qui n'est plus seulement parole mais réalité vécue.» Mais un feu, ajoutait ce Pape intellectuel qui doit être un «feu intelligent».

      L'ivresse sobre

      Pour le coup, le feu qu'ont voulu ne pas éteindre les «pères synodaux» ne manque pas d'intelligence. Leur «message final» publié vendredi en est truffé (voir ci-dessous). Mais cette interminable et quasi parfaite copie d'élève appliqué - douze pages -, qui veut traiter de tout et n'oublier personne, semble avoir perdu, en chemin, ce feu sacré que Benoît XVI voulait ranimer. 
      De plus, l'économie du texte ne va pas dans le sens de l'audace du chrétien évangélisateur à laquelle le pudique Benoît XVI avait appelé dans sa première intervention en choisissant le joli terme latin de sobria ebrietas, l'ivresse sobre! Le message final refroidit cette ardeur: «Partout est ressenti le besoin de raviver la foi qui risque de s'obscurcir», reconnaît-il mais «il ne s'agit pas de tout recommencer à zéro.» Et de marteler: «Il ne s'agit pas d'inventer on ne sait quelles stratégies, comme si l'Évangile était un produit à placer sur le marché des religions».
      Tout s'est donc passé, pendant ce synode, comme si l'Église «structure» avait pris le pas sur les innovations lancées par les nouvelles communautés, elles qui semblaient pourtant incarner «la nouvelle évangélisation». Un évêque ponctue: «Si certains voyaient en ce synode, un trait d'union entre la nouvelle évangélisation et les communautés nouvelles, ils se sont lourdement trompés».

      Dans deux ans, une «exhortation apostolique post-synodale»

      Vendredi, l'archevêque de Florence, le cardinal Giuseppe Bertoni, président de la «commission du message», a toutefois rappelé que la vraie conclusion du synode arrivera dans deux ans et non demain. Quand Benoît XVI, sur la base de tous ces travaux et des «propositions» finales du synode, aura rédigé une «exhortation apostolique post-synodale». Seule cette charte authentique de ce synode lui donnera son orientation. Ce cardinal italien insistant plutôt sur le «ton encourageant» de ce message final car «nous ne devons pas accepter cette vision catastrophique de l'Église. Elle a été contredite par tant d'expériences positives racontées lors des séances du synode».
      Lourde machine donc que ce synode. La critique la plus acerbe aura été publiquement décochée, jeudi, par le général des jésuites, le père Adolfo Nicolas, un Espagnol. Il répondait à une question sur la faible présence de laïcs et l'absence de non-croyants dans cette assemblée: «Ce synode m'a rappelé une phrase de Steve Jobs: "je suis davantage intéressé par les questions des consommateurs que par celles des producteurs". Or, dans ce synode, nous étions tous des producteurs.»

      «Conscients de ne jamais pouvoir être à la hauteur»

      «L'INVITATION à évangéliser  se traduit en un appel à la conversion, précise le message final du synode aux catholiques,nous sentons sincèrement le devoir de nous convertir avant tout nous-mêmes  à la puissance du Christ, qui seul est capable de renouveler toutes choses (…). Avec humilité, nous devons reconnaître que les pauvretés  et les faiblesses des disciples de Jésus, en particulier de ses ministres, pèsent sur la crédibilité de la mission. Nous sommes, certes, conscients, nous évêques en premier lieu, de ne jamais pouvoir être à la hauteur de l'appel du Seigneur (…). Nous avons conscience du devoir de reconnaître humblement notre vulnérabilité aux blessures de l'histoire  et nous n'hésitons pas à reconnaître  nos propres péchés. Cependant, nous sommes aussi convaincus que la force  de l'Esprit du Seigneur peut renouveler son Église (…) , si nous nous laissons modeler par lui. Les vies des saints en sont la preuve (…). Si ce renouvellement était confié à nos forces, il y aurait  de sérieux motifs de douter, mais  la conversion, comme l'évangélisation, n'a pas dans l'Église comme premiers acteurs les pauvres hommes  que nous sommes, mais bien plutôt l'Esprit même du Seigneur. C'est en cela que réside notre force ainsi que notre certitude que le mal n'aura jamais  le dernier mot, ni dans l'Église  ni dans l'histoire. L'œuvre  de la nouvelle évangélisation repose  sur cette certitude sereine.»
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lundi 5 juillet 2010

Benoît XVI crée un nouveau Conseil pontifical pour une nouvelle évangélisation

Benoît XVI crée un nouveau Conseil pontifical pour une nouvelle évangélisation
http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=3006101_vepres
Le 30 juin 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Cet après-midi, Benoît XVI a présidé en la Basilique Le 30 juin 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Cet après-midi, Benoît XVI a présidé en la Basilique St. Paul hors les Murs les premières vêpres de la solennité des Apôtres Pierre et Paul, en présence de la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople. A l'homélie, il a proposé une réflexion sur la vocation missionnaire de l'Eglise, rappelant tout d'abord que Paul VI, le Pape qui avait pris pour nom celui de l'Apôtre des gentils, avait convoqué en 1974 un Synode des évêques sur l'évangélisation du monde contemporain, suivi de l'Exhortation apostolique Evangeli Nuntiandi. Evoquant ensuite son prédécesseur, il a dit que Jean-Paul II avait lui même représenté la nature missionnaire de l'Eglise par ses voyages comme par son insistance à lancer une nouvelle évangélisation. "De toute évidence, il a donné une extraordinaire impulsion à la mission, non seulement par les distances parcourues mais surtout par le profond esprit missionnaire qui l'habitait et que nous avons reçu en héritage en ce début de millénaire".
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Le nouveau «ministère» est encore un autre coup que le Pape porte à la curie romaine. Il devrait conduire, en même temps, au démantèlement du Conseil Pontifical « Cor Unum », dirigé jusqu'à aujourd'hui par le cardinal allemand Paul Josef Cordes. Le seul problème à l'horizon porte sur la définition exacte des pouvoirs confiés à Fisichella. Comment agira le nouvel organisme? Comment va-t-il tenter de mettre en œuvre un effort renouvelé d'évangélisation? Comment parviendra-t-il à ne pas empiéter sur les compétences du Conseil Pontifical pour les Laïcs et la Culture? Comment se raccordera-t-il avec d'autres compétences, c'est à dire celles de la Congrégation pour l'éducation catholique, les religieux et le clergé?

Ce sont des questions que beaucoup dans la curie romaine se posent. En sachant que tout devra être bien défini pour que la machine fonctionne correctement. Pour que le nouveau «ministère» ne se contente pas de rencontres et de congrès, mais soit vraiment efficace.