Educo-Media - Joseph Khoreich- "Priez pour moi afin que je ne me dérobe pas devant les loups" - "Je suis un coopérateur de la Vérité" - Le Pape Benoît XVI
La tâche prophétique de l'agent de communication chrétien
« L'agent de communication chrétien en particulier a une tâche prophétique, une vocation: dénoncer les faux dieux et les fausses idoles d'aujourd'hui — matérialisme, hédonisme, consumérisme, nationalisme étroit, etc. ... — proclamant à tous un ensemble de vérités morales fondées sur la dignité et les droits humains, l'option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, l'amour des ennemis et le respect inconditionnel de toute forme de vie humaine, de la conception à la mort naturelle; et la recherche de la réalisation la plus parfaite du Royaume dans ce monde, tout en demeurant conscient que, à la fin des temps, Jésus restaurera toutes choses et les retournera au Père » (cf. 1 Co 15,24)." {
lundi 29 octobre 2012
Synode- 7 axes pour dessiner la nouvelle évangélisation
La Croix 28/10/2012
À travers les 58 propositions remises à Benoît XVI, les pères synodaux esquissent les points forts de la nouvelle évangélisation.
1- « Nous proposons que l'Église proclame la dimension permanente et mondiale de sa mission, en vue d'encourager toutes les Églises particulières à évangéliser.
Tout d'abord l'évangélisation "ad gentes" est l'annonce de l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ.
Ensuite, elle inclut la croissance continuelle dans la foi, qui est la vie ordinaire de l'Église.
Enfin, la nouvelle évangélisation est spécialement orientée vers ceux qui ont pris leurs distances vis-à-vis de l'Église. » (Proposition n° 7)
2-« S'adapter aux cultures urbaines »
« L'Église reconnaît que les villes et la culture urbaine qu'elles expriment, autant que les transformations qu'on y observe, sont un lieu privilégié pour la nouvelle évangélisation.
Mettant en œuvre un plan pastoral urbain, l'Église veut identifier et comprendre ces expériences, ces langages et ces modes de vie propres aux sociétés urbaines. » (n° 25)
3-« L'institution d'un ministère de catéchiste »
« Une bonne catéchèse est indispensable à la nouvelle évangélisation. (…)
Il faut tout faire, en fonction des possibilités locales,
pour disposer de catéchistes avec une bonne formation ecclésiale, biblique, doctrinale et pédagogique.
Le témoignage personnel, en lui-même, est une forme puissante de catéchèse. (…)
Selon la lettre apostolique Ministeria quaedam de Paul VI, les conférences épiscopales ont la possibilité de demander au Saint-Siège l'institution d'un ministère de catéchiste. » (n° 29)
4-Le rôle central de la paroisse
« La paroisse continue à être la première présence de l'Église, le lieu et l'instrument de la vie chrétienne, capable d'offrir la possibilité d'un dialogue entre les hommes, adapté à l'écoute et à l'annonce de la Parole de Dieu, par la catéchèse, l'exercice de la charité, la prière, l'adoration et de joyeuses célébrations eucharistiques. (…)
Les paroisses devraient constituer des cellules vivantes, lieux de promotion de la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ, expérimenter la richesse de la liturgie, donner une formation chrétienne tant initiale que permanente, et éduquer tous les baptisés à la fraternité et à la charité, spécialement envers les plus pauvres. » (n° 26)
5- L'indispensable autorité de l'évêque
« Les diocèses sont une "portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'avec l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur" (Christus Dominus, 11), au sein duquel les diverses réalités charismatiques reconnaissent l'autorité de l'évêque comme nécessaire à leur propre action au service de la communion ecclésiale. (…)
Les dons hiérarchiques et les dons charismatiques, découlant de l'Esprit de Dieu, ne sont pas en compétition mais co-essentiels à la vie de l'Église et à l'efficacité de son action missionnaire. » (n° 43)
6- L'égale dignité des hommes et des femmes
« L'Église apprécie l'égale dignité des hommes et des femmes dans la société comme étant créés à l'image de Dieu, et au sein de l'Église sur la base de leur vocation commune de baptisés en Christ. (…)
Le synode reconnaît qu'aujourd'hui, les femmes (laïques et religieuses) ensemble avec les hommes, contribuent à la réflexion théologique à tous les niveaux, et partagent leurs responsabilités pastorales à tous les niveaux, faisant ainsi progresser la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi. » (n° 46)
7-Intensifier les relations avec les musulmans
« Le dialogue avec tous les croyants est une partie de la nouvelle évangélisation.
L'Église invite les chrétiens à persévérer et à intensifier leurs relations avec les musulmans. (…) En dépit des difficultés, ce dialogue doit se poursuivre. (…) Fidèle à l'enseignement de Vatican II, l'Église respecte les autres religions et leurs croyants et est heureuse de collaborer avec elles dans la défense et la promotion de la dignité inviolable de la personne. » (n° 53)
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Le Vatican veut mieux alerter sur les atteintes à la liberté religieuse | Digne de foi
Le Vatican veut mieux alerter sur les atteintes à la liberté religieuse
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Sept axes pour dessiner la nouvelle évangélisation
La Croix 28/10/2012
À travers les 58 propositions remises à Benoît XVI, les pères synodaux esquissent les points forts de la nouvelle évangélisation.
1- « Nous proposons que l'Église proclame la dimension permanente et mondiale de sa mission, en vue d'encourager toutes les Églises particulières à évangéliser.
Tout d'abord l'évangélisation "ad gentes" est l'annonce de l'Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ.
Ensuite, elle inclut la croissance continuelle dans la foi, qui est la vie ordinaire de l'Église.
Enfin, la nouvelle évangélisation est spécialement orientée vers ceux qui ont pris leurs distances vis-à-vis de l'Église. » (Proposition n° 7)
2-« S'adapter aux cultures urbaines »
« L'Église reconnaît que les villes et la culture urbaine qu'elles expriment, autant que les transformations qu'on y observe, sont un lieu privilégié pour la nouvelle évangélisation.
Mettant en œuvre un plan pastoral urbain, l'Église veut identifier et comprendre ces expériences, ces langages et ces modes de vie propres aux sociétés urbaines. » (n° 25)
3-« L'institution d'un ministère de catéchiste »
« Une bonne catéchèse est indispensable à la nouvelle évangélisation. (…)
Il faut tout faire, en fonction des possibilités locales,
pour disposer de catéchistes avec une bonne formation ecclésiale, biblique, doctrinale et pédagogique.
Le témoignage personnel, en lui-même, est une forme puissante de catéchèse. (…)
Selon la lettre apostolique Ministeria quaedam de Paul VI, les conférences épiscopales ont la possibilité de demander au Saint-Siège l'institution d'un ministère de catéchiste. » (n° 29)
4-Le rôle central de la paroisse
« La paroisse continue à être la première présence de l'Église, le lieu et l'instrument de la vie chrétienne, capable d'offrir la possibilité d'un dialogue entre les hommes, adapté à l'écoute et à l'annonce de la Parole de Dieu, par la catéchèse, l'exercice de la charité, la prière, l'adoration et de joyeuses célébrations eucharistiques. (…)
Les paroisses devraient constituer des cellules vivantes, lieux de promotion de la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ, expérimenter la richesse de la liturgie, donner une formation chrétienne tant initiale que permanente, et éduquer tous les baptisés à la fraternité et à la charité, spécialement envers les plus pauvres. » (n° 26)
5- L'indispensable autorité de l'évêque
« Les diocèses sont une "portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'avec l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur" (Christus Dominus, 11), au sein duquel les diverses réalités charismatiques reconnaissent l'autorité de l'évêque comme nécessaire à leur propre action au service de la communion ecclésiale. (…)
Les dons hiérarchiques et les dons charismatiques, découlant de l'Esprit de Dieu, ne sont pas en compétition mais co-essentiels à la vie de l'Église et à l'efficacité de son action missionnaire. » (n° 43)
6- L'égale dignité des hommes et des femmes
« L'Église apprécie l'égale dignité des hommes et des femmes dans la société comme étant créés à l'image de Dieu, et au sein de l'Église sur la base de leur vocation commune de baptisés en Christ. (…)
Le synode reconnaît qu'aujourd'hui, les femmes (laïques et religieuses) ensemble avec les hommes, contribuent à la réflexion théologique à tous les niveaux, et partagent leurs responsabilités pastorales à tous les niveaux, faisant ainsi progresser la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi. » (n° 46)
7-Intensifier les relations avec les musulmans
« Le dialogue avec tous les croyants est une partie de la nouvelle évangélisation.
L'Église invite les chrétiens à persévérer et à intensifier leurs relations avec les musulmans. (…) En dépit des difficultés, ce dialogue doit se poursuivre. (…) Fidèle à l'enseignement de Vatican II, l'Église respecte les autres religions et leurs croyants et est heureuse de collaborer avec elles dans la défense et la promotion de la dignité inviolable de la personne. » (n° 53)
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Un message d’optimisme pour clôturer le Synode
La Croix 28/10/2012
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FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome
Le Synode sur la nouvelle évangélisation s'est refermé, dimanche 28 octobre, sur la figure évangélique de la Samaritaine choisie par Benoît XVI comme symbole du « devoir de s'asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » .
Si le message final a fait l'unanimité pour l'élan qu'il propose, dans l'héritage de Vatican II, les propositions adressées au pape ont laissé de nombreux pères synodaux sur leur faim.
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Pour Florence de Leyritz, cofondatrice avec son mari des parcours Alpha en France, « une telle capacité de remise en cause est peu courante dans le monde de l'entreprise ». Intuition confirmée par le P. Aldolfo Nicolas, préposé général des jésuites : « Aucune entreprise privée ne passerait le processus que le synode sur la nouvelle évangélisation s'est imposé. » Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis, a vu pour sa part dans le Synode qui s'est refermé ce week-end « l'opportunité de faire un constat collectif international avec sincérité, humilité, fraternité et réalisme ».
Du Nord au Sud, les pères synodaux, comme les experts invités à Rome ces trois dernières semaines, se sont félicités de la qualité des interventions entendues – la plupart en présence du pape, toujours très attentif. On est donc loin d'un « synode romano-curial », aux résultats connus d'avance : aux quatre points cardinaux de l'Église, la nouvelle évangélisation a ouvert les vannes d'un examen de conscience pastoral, « véritable événement spirituel ».
MÉTHODE QUALIFIÉE DE « BROYEUSE »
Inquiétudes, désarroi, questions sans réponses se sont succédé à raison de cinq minutes par orateur. Mais aussi suggestions, propositions, incitations… Tous palpables dans le « message au peuple de Dieu » publié à l'issue des travaux. La Samaritaine y a été choisie comme figure de la nouvelle évangélisation et symbole du « devoir de s'asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » . Dans la droite ligne de Vatican II. Dès avant l'ouverture du Synode, Benoît XVI avait rappelé que l'Église tenait là sa « boussole » . Cette ligne a été constamment rappelée, sans équivoque, durant les débats.
Mais le bât a blessé autour de la méthode employée pour l'organisation des débats, qualifiée de « broyeuse » par un évêque français participant. Alors que jamais autant d'évêques n'avaient été réunis aussi longtemps à Rome sur un thème aussi large, les pères synodaux n'ont pas eu de droit de regard sur l'élaboration finale des propositions qu'ils se sont contentés de voter à la quasi-unanimité.
DEUX « ANGLES MORTS »
D'où la déception à la lecture de ces 58 propositions. Au total, deux lignes de pensée ont coexisté durant ce Synode. L'une, présente dans les propositions, appelle à une refondation de la foi en forme de reconquête sur une triple base : la paroisse territoriale, le prêtre et l'évêque, la modernisation des outils de transmission. L'autre, qui apparaît dans le message, appelle à prendre en compte la métamorphose des questions posées à l'Église par le glissement des plaques tectoniques de la société (famille, travail, argent, écologie, institutions, transmission, autorité, etc.) et à « entrer en conversation » avec elle, en vue d'une « conversion » avec ces nouveaux schémas.
Entre ces deux lignes, le pape, qui tirera les conclusions du Synode dans son exhortation apostolique, peut-être publiée d'ici à dix-huit mois, tient une ligne de crête. Dans son homélie de clôture, il met l'accent sur « trois lignes pastorales » : une insistance sur les sacrements de l'initiation chrétienne ; le lien avec la mission ad gentes de première évangélisation ; et enfin, une attention aux « personnes baptisées qui cependant ne vivent pas les exigences du baptême » , pour qui de « nouvelles méthodes » , de « nouveaux langages », une « créativité pastorale » doivent être mis en œuvre.
Plusieurs participants ont relevé deux « angles morts » : la place des femmes dans l'Église, évoquée marginalement, et l'absence de véritables débats théologiques fondant la nouvelle évangélisation. Parmi les points positifs en revanche, la présence des délégués protestants et orthodoxes a été unanimement saluée ; le Dr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane, et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos Ier se sont amplement exprimés, sans limitation de temps de parole, quasiment à parité avec le pape.
« ALLUMER LE FEU » DE LA FOI
La maladresse du cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, présentant une vidéo de propagande anti-islamiste, a été contrebalancée par de nombreuses interventions appelant à la poursuite du dialogue avec l'islam. Pour autant, de nombreux évêques africains et arabes ont fait part de leurs craintes pour la liberté religieuse dans leurs pays. Et l'annonce de l'envoi d'une mission du synode à Damas est restée pour l'instant à l'état de projet, compte tenu de l'aggravation du contexte syrien.
Au fond, pour comprendre la dynamique de ce Synode, il faut remonter à son tout début, lorsque Benoît XVI a improvisé autour de la « confession » de la foi, qui doit être associée à la charité, afin « d'allumer le feu ». Sur ce point, tous les pères synodaux se sont retrouvés. Tout comme dans la conclusion improvisée par le pape, samedi : « Il a été pour moi vraiment édifiant, consolant et encourageant de voir ici le miroir de l'Église universelle, avec ses souffrances, ses menaces, ses dangers et ses joies, ses expériences de la présence de Dieu, même dans des situations difficiles. »
Reste à cueillir les fruits de ces trois semaines. Quel sera le rôle dévolu au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation ? Benoît XVI a choisi d'élargir ses compétences à la catéchèse. Le Synode a proposé l'institution d'une commission chargée de dénoncer et de documenter les attaques contre la liberté religieuse, et évoqué la possibilité pour les épiscopats de demander à Rome l'institution d'un « ministère spécial du catéchiste ». Comment les diocèses vont-ils recevoir et prendre en charge les orientations données ? « Il n'y a pas de ligne du parti à exécuter », a souri, en conclusion, le rapporteur spécial, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome
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samedi 27 octobre 2012
L'Église catholique en quête d'un second souffle
L'Église catholique en quête d'un nouvel élan
Mots clés : Vatican, Synode, Religion, Évangélisation, Benoît Xvi
Par Jean-Marie GuénoisMis à jour | publié Réactions (37)
«Le chrétien ne doit pas être tiède», affirmé Benoît XVI, jeudi au Vatican, lors des états généraux convoqués pour savoir ce qui ne va plus dans l'Église catholiqu Crédits photo : Gregorio Borgia/AP- Le synode sur la nouvelle évangélisation a confirmé la lourdeur d'un appareil méfiant envers les communautés nouvelles.
Il fallait le culot d'un laïc pour comparer la nouvelle évangélisation à un «match de foot».
Jose Prado Flores, mexicain et fondateur d'une école d'évangélisation en pleine expansion au Canada, a osé.
Devant les 300 évêques et experts, réunis en synode à Rome et voulu par Benoît XVI pour relancer «la nouvelle évangélisation» et dynamiser les méthodes de l'Église catholique pour ne plus échouer, au moins en Occident, à «transmettre la foi», il a pris cette image: «La pédagogie de la foi est un match de foot avec deux mi-temps. La première mi-temps doit être jouée par les évangélisateurs, les témoins qui ont fait l'expérience d'une rencontre avec Jésus.
La seconde mi-temps doit mettre en jeu les catéchistes, les théologiens pour approfondir plus sérieusement la doctrine.
Vous, les évêques, vous êtes les entraîneurs: vous devez savoir que c'est à la seconde mi-temps que l'on gagne le match mais encore faut-il jouer la première mi-temps!»
Ce match de la nouvelle évangélisation, l'Église catholique peine à le gagner. Et Benoît XVI le sait, qui a convoqué ces états généraux pour mettre à plat ce qui ne va plus dans l'Église catholique et discerner ce qui porte du fruit.
En 1974 déjà, Paul VI, avait convoqué un synode similaire sur «l'évangélisation dans le monde moderne» dont un certain Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, était le rapporteur général. C'est dire si le malaise - que certains attribuent aux réformes du concile Vatican II, d'autres à l'oubli de Dieu véhiculé par la société de consommation - remonte à loin.
En attendant, l'Église catholique en Occident souffre et se vide.
Le document initial du synode qui se clôt ce dimanche - et dont une cinquantaine de «propositions» concrètes et conclusives, seront transmises au Pape aujourd'hui - évoquait même «l'apostasie silencieuse». C'est-à-dire, un rejet de la foi chez les fidèles catholiques. La pire chose du point de vue de l'Église.
Le kérygme
En attendant, Jose Prado Flores, dont on retrouve facilement les propos percutants sur le site de KTO, a voulu marquer les esprits. Tirant droit au but, il a insisté sur l'importance de la «première annonce». Sans elle, estime-t-il, la nouvelle évangélisation est vouée à l'échec. «On n'évangélise pas d'abord, assure-t-il, avec des théories, des doctrines et des dogmes.
Tout cela est bien mais vient après.» Cette «première annonce», les théologiens l'appellent «le kérygme». C'est le fait d'interroger directement les gens, «connais-tu le Christ?» et de leur en témoigner, tout de go! Une méthode pratiquée sans complexe par les protestants évangéliques. Elle fonde en partie leur succès mais déclenche la critique de prosélytisme.
Benoît XVI, lui-même, avant d'écouter toutes les interventions - cinq minutes pour chacun - l'avait évoqué à sa façon dans le grand amphi de la salle du synode au Vatican. Lui qui s'autorise très rarement des improvisations avait parlé d'abondance tant ce sujet lui tient à cœur: «Le chrétien ne doit pas être tiède. L'Apocalypse nous dit que là est le plus grand danger du chrétien: qu'il ne dise pas non, mais un oui très tiède. Cette tiédeur discrédite justement le christianisme.
La foi doit devenir en nous une flamme de l'amour, une flamme qui allume réellement mon être, devient une grande passion de mon être, et allume ainsi mon prochain. Ceci est le mode de l'évangélisation: Accendat ardor proximos, (l'enthousiasme embrase ceux qui sont autour de moi, NDLR). Que la vérité devienne en moi charité. Et la charité allume l'autre aussi, comme le fait le feu. C'est seulement dans cette action d'allumer l'autre à travers la flamme de notre charité que croît réellement l'évangélisation, la présence de l'Évangile, qui n'est plus seulement parole mais réalité vécue.» Mais un feu, ajoutait ce Pape intellectuel qui doit être un «feu intelligent».
L'ivresse sobre
Pour le coup, le feu qu'ont voulu ne pas éteindre les «pères synodaux» ne manque pas d'intelligence. Leur «message final» publié vendredi en est truffé (voir ci-dessous). Mais cette interminable et quasi parfaite copie d'élève appliqué - douze pages -, qui veut traiter de tout et n'oublier personne, semble avoir perdu, en chemin, ce feu sacré que Benoît XVI voulait ranimer.
De plus, l'économie du texte ne va pas dans le sens de l'audace du chrétien évangélisateur à laquelle le pudique Benoît XVI avait appelé dans sa première intervention en choisissant le joli terme latin de sobria ebrietas, l'ivresse sobre! Le message final refroidit cette ardeur: «Partout est ressenti le besoin de raviver la foi qui risque de s'obscurcir», reconnaît-il mais «il ne s'agit pas de tout recommencer à zéro.» Et de marteler: «Il ne s'agit pas d'inventer on ne sait quelles stratégies, comme si l'Évangile était un produit à placer sur le marché des religions».
Tout s'est donc passé, pendant ce synode, comme si l'Église «structure» avait pris le pas sur les innovations lancées par les nouvelles communautés, elles qui semblaient pourtant incarner «la nouvelle évangélisation». Un évêque ponctue: «Si certains voyaient en ce synode, un trait d'union entre la nouvelle évangélisation et les communautés nouvelles, ils se sont lourdement trompés».
Dans deux ans, une «exhortation apostolique post-synodale»
Vendredi, l'archevêque de Florence, le cardinal Giuseppe Bertoni, président de la «commission du message», a toutefois rappelé que la vraie conclusion du synode arrivera dans deux ans et non demain. Quand Benoît XVI, sur la base de tous ces travaux et des «propositions» finales du synode, aura rédigé une «exhortation apostolique post-synodale». Seule cette charte authentique de ce synode lui donnera son orientation. Ce cardinal italien insistant plutôt sur le «ton encourageant» de ce message final car «nous ne devons pas accepter cette vision catastrophique de l'Église. Elle a été contredite par tant d'expériences positives racontées lors des séances du synode».
Lourde machine donc que ce synode. La critique la plus acerbe aura été publiquement décochée, jeudi, par le général des jésuites, le père Adolfo Nicolas, un Espagnol. Il répondait à une question sur la faible présence de laïcs et l'absence de non-croyants dans cette assemblée: «Ce synode m'a rappelé une phrase de Steve Jobs: "je suis davantage intéressé par les questions des consommateurs que par celles des producteurs". Or, dans ce synode, nous étions tous des producteurs.»
«Conscients de ne jamais pouvoir être à la hauteur»
«L'INVITATION à évangéliser se traduit en un appel à la conversion, précise le message final du synode aux catholiques,nous sentons sincèrement le devoir de nous convertir avant tout nous-mêmes à la puissance du Christ, qui seul est capable de renouveler toutes choses (…). Avec humilité, nous devons reconnaître que les pauvretés et les faiblesses des disciples de Jésus, en particulier de ses ministres, pèsent sur la crédibilité de la mission. Nous sommes, certes, conscients, nous évêques en premier lieu, de ne jamais pouvoir être à la hauteur de l'appel du Seigneur (…). Nous avons conscience du devoir de reconnaître humblement notre vulnérabilité aux blessures de l'histoire et nous n'hésitons pas à reconnaître nos propres péchés. Cependant, nous sommes aussi convaincus que la force de l'Esprit du Seigneur peut renouveler son Église (…) , si nous nous laissons modeler par lui. Les vies des saints en sont la preuve (…). Si ce renouvellement était confié à nos forces, il y aurait de sérieux motifs de douter, mais la conversion, comme l'évangélisation, n'a pas dans l'Église comme premiers acteurs les pauvres hommes que nous sommes, mais bien plutôt l'Esprit même du Seigneur. C'est en cela que réside notre force ainsi que notre certitude que le mal n'aura jamais le dernier mot, ni dans l'Église ni dans l'histoire. L'œuvre de la nouvelle évangélisation repose sur cette certitude sereine.»
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mardi 26 juin 2012
Synode pour la nouvelle évangélisation : l'Instrument de travail (I)
Présentation par Mgr Eterovic
ROME, lundi 25 juin 2012 (ZENIT.org) – «Affrontons la nouvelle évangélisation avec enthousiasme. Apprenons la joie douce et réconfortante de l'évangélisation », exhorte l'Instrument de travail de la XIIIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques.
Le retour de la question de Dieu dans la société est bien l'enjeu central du synode des évêques 2012 (7-28 octobre) sur « la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », comme un remède à la « solitude » et au « découragement » et un appel à la « joie » chrétienne.
L' « Instrument de travail » - Instrumentum laboris – du synode a été présenté ce 19 juin au Vatican par le secrétaire général du synode, l'archevêque croate, Mgr Nikola Eterovic et par le sous-secrétaire, un italien, Mgr Fortunato Frezza (cf. Zenit du 19 juin 2012).
Intervention de Mgr Nicola Eterovic
(Traduction intégrale de l'italien) :
I. Introduction
Du 7 au 28 octobre 2012, la XIIIème Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se tiendra au Vatican sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». Sous la conduite du Saint-Père Benoît XVI, Président du Synode des évêques, des représentants des évêques du monde entier, dans un climat de prière, de dialogue et de communion fraternelle, réfléchiront sur la transmission de la foi chrétienne. Il s'agit d'un des grands enjeux de l'Eglise qui sera approfondi dans le contexte de la nouvelle évangélisation. Par conséquent, les deux aspects du sujet du synode sont intimement unis et se complètent mutuellement. Le but de la nouvelle évangélisation est la transmission de la foi chrétienne. Le devoir qui nous presse de transmettre aux nouvelles générations l'Evangile de Jésus – sans interruption du processus de transmission de la foi – se déroule dans le contexte de la nouvelle évangélisation.
La réflexion synodale sera pas mal enrichie par le lien avec l'Année de la Foi qui, selon la décision du Souverain Pontife, exprimée dans la Lettre apostolique sous la forme de motu proprio « Porta fidei », commencera le 11 octobre, au cours des Assises synodales, en commémoration du 50ème anniversaire du lancement du Concile œcuménique Vatican II et du 20ème anniversaire de la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique.
L'Instrumentum Laboris, ordre du jour des Assises synodales, représente une étape importante dans la préparation des travaux synodaux. C'est le résultat des réponses aux Lineamenta, document de réflexion sur le thème de l'Assemblée synodale qui, publié le 2 février 2011 en la fête de la Présentation du Seigneur, a été envoyé aux 13 synodes des évêques des Eglises orientales catholiques sui iuris, aux 114 conférences épiscopales, aux 26 dicastères de la Curie romaine et à l'Union des Supérieurs généraux. Tous ces organismes, avec lesquels le synode des évêques entretient des relations officielles, ont fait parvenir leurs contributions au secrétariat général de ce dernier. Le secrétariat général a également reçu d'autres contributions d'institutions et de fidèles. Avec l'aide du Conseil ordinaire, le secrétariat général, s'appuyant sur la contribution de plusieurs experts, a préparé le document actuel présenté aujourd'hui. Il faut signaler en particulier la contribution du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, dont le Président a été associé au Conseil ordinaire qui a participé à la rédaction du document.
II. Plan de l'Instrumentum laboris
Outre la Préface, signée par le Secrétaire général, l'Instrumentum laboris est composé de quatre chapitres, précédés d'une Introduction et terminés par une brève Conclusion. Les chapitres sont consacrés aux thèmes suivants : 1) Jésus-Christ, Evangile de Dieu pour l'homme ; 2) Le temps de la nouvelle évangélisation ; 3) Transmettre la foi ; 4) Raviver l'action pastorale.
L'Introduction présente la structure de l'Instrumentum Laboris, et donne la signification du thème du synode, les points de référence et les attentes de la part des Eglises particulières, à partir des réponses aux Lineamenta. Avec la proclamation de l'Année de la Foi, le Saint-Père Benoît XVI a souligné l'importance du Concile œcuménique Vatican II pour la vie de l'Eglise ainsi que pour les travaux synodaux. L'Introduction met aussi en relief l'importance des documents conciliaires qui ont été des points de référence pour les évêques de Rome qui en ont appliqué les indications dans les décennies qui ont suivi, et qui ont ensuite convergé, par exemple, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique. Dans l'Instrumentum Laboris, on mentionne souvent l'Exhortation apostolique de Paul VI, Evangelii nuntiandi, diverses déclarations du bienheureux Jean-Paul II, et en particulier l'encyclique Redemptoris missio, et la Lettre apostolique Novo millennio inneunte. Quant au Saint-Père Benoît XVI, on cite différentes déclarations, surtout Porta fidei, et on insiste sur l'herméneutique de la réforme, du renouvellement dans la continuité, avec laquelle il faut lire et recevoir le Concile pour qu'il devienne « toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l'Eglise » (N. 14).
Dans le sillage des réponses des épiscopats, on attend de l'Assise synodale qu'elle infuse des énergies nouvelles dans les communautés chrétiennes et qu'elle fournisse des réponses concrètes aux questions sur l'évangélisation dans le monde actuel. On sent la nécessité d'avoir de nouveaux instruments et de nouvelles expressions pour rendre compréhensible la Parole de Dieu dans les milieux de vie de l'homme contemporain. L'événement synodal devrait représenter une occasion de confrontation et de partage des analyses comme des exemples d'actions à faire partager dans le but d'apporter un encouragement aux Pasteurs et aux Eglises particulières. On souhaite que la nouvelle évangélisation conduise « à redécouvrir la joie de croire et aide à
retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi » (N. 9).
III. Premier chapitre : Jésus-Christ, Evangile de Dieu pour l'homme
En accueillant les suggestions émises dans les différentes réponses, l'InstrumentumLaboris insiste sur le noyau central de la foi chrétienne, qu'un bon nombre de chrétiens ignorent. En même temps, on entend, par cette attitude, proposer l'Evangile de Jésus-Christ comme une Bonne nouvelle pour l'homme contemporain aussi.
L'Instrumentum Laboris confirme la vocation fondamentale de l'Eglise qui est d'annoncer aux hommes la Bonne Nouvelle qu'elle a reçue et dont elle vit. La foi chrétienne est surtout une rencontre avec la personne de Jésus-Christ au niveau personnel et communautaire, œuvre de l'Esprit-Saint, qui transfigure la vie des fidèles, les rendant participants de la vie divine. « Pour Jésus, l'évangélisation a pour objectif d'attirer les hommes au cœur de son lien intime avec le Père et l'Esprit » (N. 23). L'évangélisation conduit naturellement l'homme à une expérience de conversion, étape indispensable sur le chemin vers la sainteté. « L'Église qui annonce et transmet la foi agit comme Dieu Lui-même qui se communique à l'humanité en donnant son Fils, qui répand l'Esprit Saint sur les hommes pour les régénérer en tant qu'enfants de Dieu. » (N. 36).
Jésus-Christ, « Évangile de Dieu, a été le tout premier et le plus grand évangélisateur » (Evangelii nuntiandi 7 in N. 21). Son Evangile est la reprise et l'accomplissement de l'annonce des Ecritures de l'Ancien Testament. « C'est justement en vertu de cette continuité que la nouveauté de Jésus apparaît en même temps évidente et compréhensible » (N. 22). Fidèle à la volonté de son Seigneur, « évangélisatrice, l'Église vit la mission qui est la sienne en recommençant chaque fois à s'évangéliser elle-même » (N. 37), à travers une conversion et un renouvellement constants dans l'écoute de la Parole de Dieu, dans la célébration des sacrements et dans l'œuvre de la charité. L'évangélisation n'est pas un choix de l'Eglise mais un devoir ; celle-ci existe pour évangéliser. D'autre part, « chaque personne a le droit d'entendre l'Évangile de Dieu pour l'homme, qu'est Jésus-Christ » (N. 33). L'évangélisation est le grand don de Dieu à tous les hommes. La nouvelle évangélisation est l'expression de la dynamique interne du christianisme, qui désire faire connaître aux hommes de bonne volonté « l'abîme de la richesse, de la sagesse et de la science » (Rm 11, 33) du mystère de Dieu révélé en Jésus-Christ, et non pas tant une réponse fébrile face à la crise de la foi et aux nouveaux défis que le monde actuel pose à l'Eglise.
IV. Deuxième chapitre : Le temps de la nouvelle évangélisation
Le second chapitre du Document est consacré principalement au signalement des défis actuels qui se posent à l'évangélisation ainsi qu'à la description de ce qu'est la nouvelle évangélisation.
L'Annonce de l'Evangile de Jésus-Christ, toujours la même, se confronte aujourd'hui à certaines situations sociales nouvelles qui interpellent l'Eglise et exigent d'elle des réponses adéquates pour rendre compte de l'espérance qui est en elle (1 P 3, 15). Il s'agit de nouveaux défis à l'évangélisation dans le monde contemporain, décrits par des scenarios différents. L'Eglise est appelée à discerner ces différentes scenarios « pour les transformer en lieux d'annonce de l'Évangile et d'expérience ecclésiale » ( N. 51). Ils étaient déjà indiqués dans les Lineamenta, mais les réponses des évêques ont contribué à en faire une description plus élaborée. Il s'agit de différentes scènes : culturelle (caractérisée par la sécularisation), migratoire, économique, politique, de la recherche scientifique et technologique. A cause de leur incidence sur la vie des Eglises particulières, on a développé plus loin les scènes liées aux domaines de la communication ou du religieux. De nombreuses réponses ont mis le doigt sur l'importance des moyens de communication, en particulier, de la culture des médias et du numérique pour la diffusion de la Bonne Nouvelle. Quant à la scène religieuse, on approfondit séparément le dialogue œcuménique ou interreligieux. On remercie la divine Providence pour tous les progrès significatifs effectués dans le dialogue de l'Eglise catholique avec les autres Eglises et communautés ecclésiales, sans ignorer pour autant les obstacles, mêmes récents, sur ce chemin tracé par la prière de Jésus pour que « tous soient un » (Jn 17, 21). En ce qui concerne le dialogue interreligieux, on souligne l'actualité du dialogue avec l'Islam et avec d'autres grandes religions du monde, indiquant leurs aspects positifs, mais sans nier les difficultés, surtout dans les pays où les chrétiens sont minoritaires.
L'expression bien connue du bienheureux Jean-Paul II sur la nouvelle évangélisation « nouvelle par son ardeur, par ses méthodes, par son expression » prononcée à Port au Prince, Haïti (9 mars 1983), a été appliquée bien souvent dans des contextes variés, au point de devenir une des idées forces de son pontificat. L'Instrumentum Laboris n'apporte pas de définition particulière, mais elle relève différentes significations. Par exemple, on indique que la nouvelle évangélisation « a été considérée avant tout comme une exigence, puis comme une opération de discernement et comme un encouragement à l'Église d'aujourd'hui. » ( N. 44). En outre, on indique que la nouvelle évangélisation est le nom donné à la relance spirituelle, au « départ d'un mouvement de conversion que l'Eglise demande à elle-même, à toutes ses communautés, à tous ses baptisés », pour « être le lieu où déjà maintenant l'on fait l'expérience de Dieu, où, guidés par l'Esprit du Ressuscité, nous nous laissons transfigurer par le don de la foi » (N. 88).
Toutefois, dans l'encyclique Redemptoris Missio 33, on a déjà cherché à indiquer la spécificité de la nouvelle évangélisation. A ce sujet, dans l'encyclique, on distingue l'évangélisation en général, œuvre constante de l'Eglise qui doit aussi être renouvelée et dynamisée à notre époque ; on souligne ensuite l'importance de l'activité missionnaire (ad gentes), le devoir d'annoncer l'Evangile de Jésus-Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore ; et on s'arrête enfin sur la nouvelle évangélisation, dirigée surtout vers les personnes qui ont été baptisées mais insuffisamment évangélisées et vers celles qui se sont éloignées de l'Eglise et de la pratique religieuse. C'est mise en œuvre a été reprise et appliquée dans l'Exhortation apostolique post-synodale Africae munus. Elle est même signalée dans la Note doctrinale sur quelques aspects de l'évangélisation de la Congrégation pour la doctrine de la foi (3 décembre 2007). L'Instrumentum Laboris rapporte aussi cette vision dans une triple stratification de l'unique processus d'évangélisation : trois aspects qui sont liés et se complètent (Cf. Préface, NN. 85-89).
Dans cette œuvre de nouvelle évangélisation, on désire un renouvellement de la pastorale ordinaire dans les Eglises particulières. En même temps, on souhaite une nouvelle sensibilité, qui exige une certaine créativité et une audace évangélique, envers les personnes qui se sont éloignées de l'Eglise. Dans ce processus, une place particulière revient aux paroisses, « vues comme la porte d'entrée la plus capillaire à la foi chrétienne et à l'expérience ecclésiale » (N. 81). La paroisse devrait devenir le centre d'irradiation missionnaire et de témoignage de l'expérience chrétienne, en mesure d'accueillir des personnes qui ont des besoins spirituels et matériels. Pour que ceci se réalise, tous les membres du Peuple de Dieu sont responsables et surtout les prêtres. A ce sujet, la plupart des réponses ont signalé le manque de vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, ce qui nécessite, entre autres, une pastorale des vocations forte.
V. Troisième chapitre : Transmettre la foi
La finalité de la nouvelle évangélisation est la transmission de la foi. L'Eglise transmet la foi qu'elle vit. Tous les chrétiens sont appelés à apporter leur contribution.
La foi, don de Dieu qui suscite une remise de soi au Seigneur, introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l'entrée des fidèles dans l'Eglise. Avec la proclamation de l'Année de la Foi, le Saint-Père Benoît XVI a rappelé le primat de la foi, au sens où « les contenus essentiels qui, depuis des siècles, constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d'être confirmés et approfondis d'une façon toujours nouvelle, afin d'en témoigner de façon cohérente dans des conditions historiques qui diffèrent du passé » (N. 94). Les obstacles à la foi peuvent être internes à l'Eglise (une foi vécue sur un mode passif et privé, le refus d'une éducation de la foi, une séparation entre foi et vie) ou en dehors de la vie chrétienne (la sécularisation, le nihilisme, le consumérisme, l'hédonisme). De nombreux signes de sensibilisation et de témoignages de formation, dans les Eglises particulières, dans la vie consacrée et dans les communautés ecclésiales permettent d'espérer en un avenir meilleur, en une renaissance de la foi.
L'Eglise transmet la foi qu'elle vit, surtout dans la liturgie qui devrait être en même temps culte divin, annonce de l'Evangile et charité en action. « Il existe un rapport intrinsèque entre foi et liturgie 'lex orandi lex credendi' » ( N. 97). A partir des Ecritures, la Tradition de l'Eglise a créé une pédagogie de la transmission de la foi professée (le Symbole), célébrée (les sacrements), vécue (le Décalogue) et priée (le Notre Père). C'est aussi la structure du Catéchisme de l'Eglise catholique qui ne manquera pas de fournir aux Pères synodaux les instruments nécessaires pour effectuer un discernement des efforts de ces dernières décennies en direction d'un renouveau de la catéchèse.
Le sujet de la transmission de la foi est l'Eglise dans son ensemble, qui se manifeste dans les Eglises particulières, présidées par un évêque. Autour de lui, sont impliqués des prêtres, des diacres, des personnes consacrées, des parents, des catéchistes, des hommes et des femmes. Une place particulière est réservée à la paroisse, « communauté de communautés » (N. 107), ainsi qu'à la famille, « lieu exemplaire d'évangélisation » (N. 110). A l'œuvre d'évangélisation est appelé tout chrétien, qui doit réveiller sa propre identité baptismale et, en particulier, les membres de vie consacrée et contemplative, des groupes et des mouvements. Tous doivent être prêts à rendre compte de leur foi à qui le leur demande. La riche contribution des 'nouveaux évangélisateurs' à la diffusion de la Bonne Nouvelle demande un approfondissement supplémentaire de la relation entre dons charismatiques et dons hiérarchiques pour le bien des Eglises particulières et de l'Eglise universelle.
L'Année de la Foi représente un appel pressant à la conversion pour que chaque chrétien et chaque communauté, transformés par la grâce, portent des fruits abondants. Parmi les fruits de la foi sont mentionnés l'engagement œcuménique, la recherche de la vérité, le dialogue interreligieux, le courage de dénoncer les infidélités et les scandales dans la communauté chrétienne. Il existe un rapport intrinsèque entre foi et charité. La foi se manifeste dans la charité et la charité sans la foi serait philanthropie. « La charité est le langage qui, dans la nouvelle évangélisation, plus que par les paroles, s'exprime dans les œuvres de fraternité, de proximité et d'aide aux personnes dans le besoin, aussi bien spirituel que matériel » (N. 124).
VI. Quatrième chapitre : Raviver l'action pastorale
La transmission de la foi dans le contexte de la nouvelle évangélisation propose à nouveau les instruments mûris au cours de sa Tradition et, en particulier, la première annonce, l'initiation chrétienne et l'éducation, en cherchant à les adapter aux conditions culturelles et sociales actuelles.
En mettant en pratique le commandement du Seigneur de faire de tous les peuples des disciples, l'Eglise a développé des pratiques pastorales pour annoncer l'Evangile aux hommes enracinés dans les différentes cultures. Face aux changements notoires de la société actuelle, les hommes d'Eglise ont réfléchi et révisé les façons d'introduire à la foi, à l'éducation et à l'annonce du message chrétien. A ce sujet, certaines certitudes restent largement partagées : le baptême des petits enfants, ainsi que celui qui est demandé par des adultes ou des adolescents. On est d'accord pour appliquer la structure du catéchuménat au parcours d'entrée dans la foi des plus petits, lui donnant davantage un caractère de témoignage et ecclésial. Si un accord substantiel demeure sur l'administration du baptême et de l'Eucharistie, une plus grande diversité s'affiche en ce qui concerne le temps de la célébration de la Confirmation. De toute façon, il vaudrait « mieux comprendre, d'un point de vue théologique, la séquence des sacrements de l'initiation chrétienne qui culmine dans l'Eucharistie, et réfléchir sur les modèles pour traduire dans la pratique l'approfondissement souhaité » (N. 137).
On attend des Assises synodales qu'elles soient une aide pour les communautés chrétiennes, à commencer par les paroisses, pour adopter un style plus missionnaire dans leurs activités pastorales. Il est très important, à ce sujet, de diriger la première annonce surtout vers ceux qui ne connaissent pas encore Jésus-Christ. Alors qu'au niveau de l'Eglise universelle ou nationale les formes générales de première annonce ne manquent pas (Journées mondiales de la jeunesse, voyages apostoliques, béatifications ou canonisations), il faudrait les développer dans la vie quotidienne au niveau local et paroissial (homélies, missions populaires, sacrements de la réconciliation et du mariage, piété populaire, dévotion envers Marie et les saints, en particulier dans les sanctuaires, attention aux situations de souffrance et de maladie).
L'évangélisation exige un lien entre l'initiation à la foi et l'éducation de l'homme. L'Eglise possède « une tradition de ressources pédagogiques, de réflexion et de recherche, d'institutions, de personnes […] en mesure d'offrir une présence significative dans le monde de l'école et de l'éducation » (N. 147). Dans le monde contemporain, le processus d'éducation devient de plus en plus difficile, au point que le Saint-Père Benoît XVI a parlé d' « urgence éducative ». Dans un tel contexte, l'engagement de l'Eglise est d'une importance particulière, surtout « faisant ressortir la racine anthropologique et métaphysique du défi actuel autour de l'éducation » (N. 151), et s'opposant à une anthropologie marquée par l'individualisme et le relativisme.
Il existe un lien entre la foi et la connaissance, exprimé par le concept d' « écologie de la personne humaine », entendue comme « une façon d'établir la compréhension du monde et le développement de la science qui tienne compte de toutes les exigences de
l'homme, y compris l'ouverture à la vérité et la relation originaire avec Dieu » (N. 153). Il revient surtout aux scientifiques chrétiens de montrer, en particulier par leur vie, l'harmonie enrichissante qui existe entre la foi et la raison pour le bien de l'humanité.
Pour évangéliser, l'Eglise n'a pas tant besoin de renouveler ses stratégies que d'augmenter la qualité du témoignage des hommes d'Eglise. L'affirmation de Paul VI reste toujours valable : « «L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins » (Evangelii nuntiandi 41 in N. 158).
On attend de l'Assemblée synodale qu'elle souligne le caractère central pour l'Eglise de la question de la vocation. Dieu appelle chacun personnellement, révélant ainsi que la vie est vocation en relation avec Dieu. L'appauvrissement de l'expérience chrétienne porte à l'affaiblissement des vocations qui se reflète dans la diminution des vocations sacerdotales et à la vie consacrée, mais aussi dans la fragilité à la fidélité dans les grandes décisions existentielles, comme par exemple l'indissolubilité du mariage.
Dieu appelle à la sainteté à travers des choix de vie radicaux, en assumant des ministères et des charges dans l'Eglise et dans la société. Le secret de la nouvelle évangélisation, qui est aussi le signe de son efficacité, est la réponse de chaque chrétien à l'appel à la sainteté et, donc, « la redécouverte de la vie comme vocation et la naissance de vocations à suivre le Christ de façon radicale » (N. 161).
VII. Conclusion
La nouvelle évangélisation devrait favoriser un nouvel élan apostolique, fruit d'une nouvelle Pentecôte, en rendant plus dynamique l'activité d'évangélisation ordinaire de l'Eglise, en mesure d'attirer aussi des personnes qui s'en sont éloignées et en donnant une nouvelle impulsion à l'annonce de l'Evangile ad gentes.
Dans la conclusion, on réaffirme l'importance de l'Esprit-Saint pour la nouvelle évangélisation. La première évangélisation a commencé le jour de la Pentecôte. Les apôtres ont reçu l'Esprit tandis qu'ils étaient réunis en prière au Cénacle avec la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ. A partir de ce moment, Marie, « comblée de grâces » (Lc 1, 28), se trouve sur toutes les routes de l'évangélisation, y compris la route actuelle sur laquelle l'Eglise invoque une nouvelle Pentecôte. C'est pour cela que la Mère de Dieu est invoquée, avec raison, sous le nom d'« Etoile de la nouvelle évangélisation ».
Nouvelle évangélisation ne signifie pas « un nouvel Evangile » « car Jésus-Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais » (He 13, 8) » (N. 164). Selon les paroles du bienheureux Jean-Paul II, nouvelle évangélisation veut dire « raviver en nous l'élan des origines, en nous laissant pénétrer de l'ardeur de la prédication apostolique qui a suivi la Pentecôte » (Novo millennio ineunte 40 in N. 165). Nouvelle évangélisation veut dire « rendre raison de notre foi, en communiquant le Logos de l'espérance au monde qui aspire au salut » (N. 167). Sur ce chemin, il faut repartir de Jésus-Christ qui offre l'espérance et donne la joie aux évangélisateurs afin qu'avec un enthousiasme renouvelé et sans peur ils annoncent au monde entier « Jésus-Christ, Evangile de Dieu, pour la foi des hommes » (N. 169).
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