Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj
Mosaique de la Chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

La tâche prophétique de l'agent de communication chrétien

« L'agent de communication chrétien en particulier a une tâche prophétique, une vocation: dénoncer les faux dieux et les fausses idoles d'aujourd'hui — matérialisme, hédonisme, consumérisme, nationalisme étroit, etc. ... — proclamant à tous un ensemble de vérités morales fondées sur la dignité et les droits humains, l'option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, l'amour des ennemis et le respect inconditionnel de toute forme de vie humaine, de la conception à la mort naturelle; et la recherche de la réalisation la plus parfaite du Royaume dans ce monde, tout en demeurant conscient que, à la fin des temps, Jésus restaurera toutes choses et les retournera au Père » (cf. 1 Co 15,24)." {

{L'ethique dans les moyens de communication sociale", Mgr John Folley Vatican 2000}

dimanche 1 mai 2016

Pourquoi les médias sociaux ne changent-ils pas le monde ?

Pourquoi les médias sociaux ne changent-ils pas le monde ?

La prolifération de l'usage des médias sociaux n'a pas abouti à un changement social significatif, estiment les chercheurs Alex Pentland, Manuel Cebrian et Iyad Rahwan dans un article (.pdf) du dernier numéro de la revue Communications of the ACM. Pour Alex Pentland, le directeur du Laboratoire des dynamiques humaines du Media Lab du MIT (dont nous avons souvent parlé, notamment en rendant compte de son livre sur la physique sociale) et du groupe de travail sur la science de la connexionIyad Rahwan (@iyadrahwan) directeur du groupe de recherche Scalable Cooperation du Media Lab et Manuel Cebrian du groupe de recherche consacré aux données Data61 de l'agence nationale de la recherche australienne, le CSIRO, si les médias sociaux ont fourni un carburant aux mobilisations spontanées, ils n'ont pas aidé à construire un changement social durable et réfléchi, c'est-à-dire des actions collectives coordonnées.

Pourquoi les médias sociaux ne parviennent-ils pas à transformer les mobilisations ?

Pour les 3 chercheurs, le fait que l'âge d'or des médias sociaux coïncide avec une crise du leadership mondiale, liée à notre incapacité à résoudre les grands enjeux auxquels nous sommes confrontés, n'est pas surprenant. Ni les leaders charismatiques ni les foules anonymes ne semblent être désormais en mesure de rendre les grands enjeux suffisamment populaires pour mobiliser et permettre à la société d'agir. Le paradoxe de la coexistence des médias sociaux avec la Fin du pouvoir qu'évoque l'éditorialiste et ancien ministre du Venezuela Moisés Naim(@moisesnaim) dans son livre semble plus pertinent que jamais.

Vidéo : Les chercheurs ont illustré leur article d'une vidéo et d'une BD (.pdf).
Ces dernières années, les médias sociaux ont pourtant été les catalyseurs d'intenses mobilisations allant des Printemps arabes, à Occupy ou encore à la chasse à l'homme suite aux attentats de Boston ou les règlements de comptes en ligne qui ont suivi les émeutes de 2011 en Angleterre... Dans la plupart de ces événements, les médias sociaux ont été les animateurs des mobilisations, mais sans parvenir à réaliser leur potentiel. Si les médias sociaux parviennent à mettre les sujets sur la scène, ils ne parviennent pas à les transformer, à les accomplir.
Pour ces spécialistes de l'analyse des réseaux, il est plus que nécessaire de comprendre pourquoi les médias sociaux ne sont pas parvenus à devenir un canal pour construire le changement social. Si la compréhension des processus de mobilisation sociale a progressé, nous sommes loin d'être parvenus à une théorie fiable. En d'autres termes, si nous avons développé des modèles capables de prédire la propagation d'idées en ligne, nous manquons de modèles pour prédire le changement de comportement. "Nous soutenons que ces échecs d'utilisation et de prédiction ne sont pas causés par un manque d'expertise dans l'analyse des données, mais par une attention insuffisante sur les structures d'incitation sous-jacentes, le réseau caché de motivations interpersonnelles qui constituent le moteur de la prise de décision collective et de l'action."

L'information ne suffit pas : comment construire de l'incitation à l'engagement ?

Pour les chercheurs, certaines expériences de mobilisation sociale ont montré le rôle des modalités d'incitation et pas seulement d'information. La capacité à faire levier des motivations personnelles des gens semble bien souvent un puissant moteur. Or, force est de constater que les médias sociaux peinent à maintenir et à favoriser la mobilisation sociale. Ils sont conçus pour maximiser l'information, la propagation et la viralité, au détriment de la construction de l'engagement et du consensus. Les médias sociaux actuels se préoccupent plus de diffusion d'informations qui sont chacune en concurrence pour l'attention des gens, que d'incitation ou de recrutement à l'action.
Pour les chercheurs, les médias sociaux commerciaux (parce qu'ils sont commerciaux) ont un "biais de viralité", qui conduit la recherche elle-même à se concentrer sur la dynamique de diffusion de l'information, plutôt que sur le recrutement à l'action. Selon eux, il est primordial de parvenir à mieux cartographier les incitations qui mènent à l'action... Les réseaux sociaux permettent de très bien mesurer la diffusion, mais beaucoup moins d'autres processus comme la réflexion, le processus argumentatif ou la formation de consensus... qui sont des facteurs importants pour relier les contenus à la motivation.

Des médias sociaux orientés vers le changement de comportement

Les 3 chercheurs rappellent tout de même que des progrès ont été réalisés dans la compréhension des incitations dans le domaine des sciences économiques, sociales et politiques, en faisant référence aux travaux sur la théorie de la conception des mécanismes d'incitation ou ceux sur les formes coopératives que sont le dilemme du prisonnier ou les jeux de l'ultimatum. Pour Pentland, Cebrian et Rahwan, ces méthodes sont autant de "sondes" qui permettraient d'affiner les modalités d'incitation dynamiques et doivent nous aider à développer de nouvelles générations de médias sociaux orientés vers le changement de comportements.
Si la diffusion d'information est essentielle à la formation des croyances, des opinions et des attitudes collectives, les incitations jouent un rôle tout aussi important. Convaincre quelqu'un est une chose, mais le recruter, l'engager à soutenir une cause exige plus de temps, d'efforts et de risques. Pour les chercheurs, il est essentiel de trouver de nouveaux paradigmes expérimentaux et de nouveaux outils d'observation qui favorisent non seulement la dynamique communicationnelle, mais aussi d'autres dynamiques qui engagent à la mobilisation sociale. Pour eux, il est essentiel de construire une nouvelle génération de médias sociaux qui favorisent la construction consensuelle de changements durables. "Les individus ne sont pas des atomes isolés. Sans une structure d'incitation correcte, un groupe d'individus ne peut pas se mobiliser en un collectif capable de résoudre des problèmes sophistiqués, voir changer la société". Pour les chercheurs, "c'est là la tragédie d'une société totalement connectée et également connectée".
Quand les gens discutent de questions sociales en ligne, il est très difficile pour eux de quantifier de façon fiable l'importance des différentes questions soulevées, peinant notamment à montrer la conscience (le nombre de personnes qui se soucient d'une question) comme la persistance (combien de temps les gens s'en soucient) de ces questions. Pour les chercheurs, cela rend difficile d'établir des seuils clairs d'importance permettant de prioritiser les problèmes. "Sans seuils significatifs pour l'action, l'ensemble de ces questions alternatives finissent par s'annuler mutuellement et conduisent au slacktisvism", comme le soulignait Moises Naim dans un récent article sur The Atlantic Cities.
L'attention individuelle et collective est finie. Si la capacité des plateformes pour déduire, manipuler et capter l'attention s'améliore, force est de constater qu'elles ne favorisent pas la coordination et la construction de collectifs complexes. Le "but" n'est jamais atteint...

Comment mesurer ce qui nous incite à agir ?

"Nous avons besoin d'une meilleure compréhension de la façon d'exploiter et d'activer les incitations des réseaux via le filtrage de l'information et la construction du consensus". Reste que ces incitations sont bien moins visibles. Elles se manifestent par les actions des individus qui proviennent elles-mêmes de multiples incitations. "Avant de produire une "théorie pratique de la mobilisation sociale", nous avons besoin de développer de nouvelles manières de mesurer, d'influencer et de modéliser les incitations en réseau pour interpréter l'action individuelle à leur lumière."
Pour Adam Smith, seules les actions observables comptent. Mais dans sa Théorie des sentiments moraux, Smith expliquait qu'une véritable compréhension des phénomènes sociaux doit intégrer une multitude de motifs psychologiques et culturels. "En déplaçant notre attention des processus viraux observables à la modélisation de la dynamique de la motivation sous-jacente", nous trouverons peut-être la voie vers la prochaine génération de médias sociaux.
Bien sûr, si les chercheurs pointent très bien les limites des médias sociaux actuels, ils n'expliquent pas vraiment à quoi ressemblera cette prochaine génération de médias sociaux...

Comment mobiliser efficacement nos relations sociales ?

Dans un autre article publié sur Medium, les auteurs reviennent sur la théorie des petits mondes ou des 6 degrés de séparation qui voudrait que nous soyons tous reliés les uns aux autres via des chaînes de relations individuelles de 6 maillons. Mais si ces théories nous permettent de mobiliser efficacement nos réseaux sociaux, ils ne disent pas grand-chose des procédures que les gens utilisent pour cela et ce d'autant qu'ils ne connaissent pas la structure des réseaux de nos amis d'amis. Pourquoi les gens participent-ils, relayent-ils (ou pas) les demandes qui parcourent ces chaînes relationnelles ?
Quand le sociologue Duncan Watts a entrepris de reproduire l'expérience de Milgram à l'ère d'internet en demandant aux gens de relayer un courriel, il a surtout constaté que la plupart des chaînes de recrutement s'éteignaient. Même si le coût pour chacun est minuscule, la plupart des requêtes formulées s'arrêtent en cours de route. Pour Watts, la raison était liée à l'insuffisance des incitations.
Pour les chercheurs cela montre que "si nous voulons exploiter véritablement la puissance de notre petit réseau mondial, nous devons fournir les bonnes incitations". Les chercheurs Jon Kleinberg et Prabhakar Raghavan ont imaginé alors des"réseaux de requêtes à l'incitation" consistant à récompenser les individus qui relaient les requêtes. Mais ce mode s'est révélé assez peu efficace en réalité, et très coûteux si ces incitations sont d'ordre financières par exemple...

Des défis pour comprendre le fonctionnement des réseaux

L'équipe du MIT a répondu en 2009 au défi réseau de la Darpa : un concours doté de 40 000 $ de prix consistant à faire retrouver 10 gros ballons rouges cachés sur le sol américain le plus rapidement possible via la mobilisation sociale. Elle a bien sûr remporté le défi en 6 heures en renversant les requêtes d'incitation. Plutôt que le recruteur fasse une offre aux recrues, celles-ci offraient une partie de la récompense à celui qui les avait recrutés pour participer.
Cette technique dite des "contrats fractionnés" est un moyen optimal pour recruter des personnes de manière distribuée, mais il a fallu 3 ans pour comprendre pourquoi ces contrats ont fourni un avantage concurrentiel par rapport aux requêtes d'incitation en réseau : l'avantage de ces contrats fractionnés est qu'ils nécessitaient de recruter très peu de personnes par recruteur pour fonctionner.
contratsfractionnes
Image : illustration du fonctionnement des contrats fractionnés, récompensant ceux qui ont recruté les participants.
En 2011, les chercheurs du MIT ont voulu répondre à un autre concours de la Darpa : le Darpa Schredder Challenge, un défi consistant à reconstituer un document déchiquetté en 10 000 petits morceaux. Pour répondre au défi, l'équipe du MIT a utilisé les contrats fractionnés pour recruter et mobiliser plus de 3500 participants, mais des actes de sabotage ont ébranlé ceux-ci, stoppant net les progrès collectifs et entraînant un exode massif des crowdworkers recrutés à cette occasion. Si l'équipe du MIT n'a pas remporté ce défi, elle a appris des limites de l'ouverture à la participation. Les contrats fractionnés et la production participative (crowdsourcing), comme la plupart des formes participatives sont souvent démunies face aux questions de malveillance, de vandalisme ou de sabotage.

Limiter le sabotage ?... Pas si simple !

Les chercheurs du MIT réfléchissent maintenant à des moyens pour désactiver le sabotage... Si les contrats fractionnés savent récompenser la participation le long des chaînes de recrutement, les recruteurs de saboteurs doivent être incités à vérifier, arrêter ou punir les saboteurs qu'ils ont recrutés. La solution pratique est encore à tester, estiment les chercheurs. Reste que réduire le sabotage ne sera peut-être pas si simple.
Des chercheurs ont en effet mis à jour le "dilemme de la production participative". En fait, dans le cas où des équipes recherchent le même type d'information, les comportements malveillants semblent la norme plus qu'une anomalie. Pire : rendre le sabotage plus coûteux ne dissuade pas les saboteurs, mais conduit toutes les équipes en compétition à un résultat moins efficace, du fait d'une recherche collective moins bienveillante et d'une plus forte agressivité. Si la recherche participative est efficace, facile à mettre en oeuvre et peu chère, elle est sensible à la malveillance notamment du fait même de ses méthodes de recrutement. Les formes participatives et leurs ennemies évoluent de concert : à mesure que l'une s'arme, l'autre répond. Tout l'enjeu est d'arriver à recruter plus de participants bienveillants que de malveillants.
En fait, estiment les chercheurs : la manière dont nous cherchons des gens donne beaucoup d'information sur ceux qui cherchent. Le sociologue Mark Granovetter a montré que l'étendu et la diversité de nos "liens faibles" nous donnent des opportunités pour augmenter nos capacités (voir notamment "Les liens faibles, moteurs de notre diversité informationnelle ?" et "Réseaux contre hiérarchies : liens faibles contre liens forts"). Les personnes qui peuvent plus facilement accéder à la connaissance, à l'information, aux possibilités d'emplois au sein d'une grande diversité de communautés sont plus en mesure que les autres de tirer parti de cette position privilégiée. Comme l'ont montrés les travaux de Marta Gonzalez duLaboratoire sur les mobilités humaines et les réseaux du MIT : les réseaux urbains sont constitués de communautés très homophiles. En fait, les humains ont favorisé les réseaux où un message peut atteindre tout le monde et permettre de trouver des personnes semblables de manière plus efficace, même si cela implique que tout le monde sache à quelles communautés la personne appartient. C'est un exemple de structure auto-organisée qui permet à de petits groupes d'individus de résoudre un problème complexe par la coopération en tirant profit de la connaissance collective.
Le problème est que les réseaux sont constamment en effervescence, constamment à la recherche d'une reconfiguration pour augmenter leur consultabilité, leur portée... quand bien même cela mène à un monde trop interrogeable, trop connecté au détriment de l'attention et de l'énergie de chacun. Un peu à l'image des médias sociaux que nous utilisons qui cherchent toujours à élargir le nombre de personnes auxquels vous êtes liés, quand bien même cet élargissement conduit toujours à une toujours plus insoluble infobésité. Pour les chercheurs, l'enjeu ne semble pas tant de trouver des configurations sociales simplifiées ou des modes pour disparaître des réseaux... que d'interroger les questions d'incitations et de participation, de concentration plus que de dilution, d'engagement et d'activité.
Hubert Guillaud

mercredi 20 avril 2016

Reporters sans frontières dénonce le recul de la liberté de la presse partout dans le monde


Reporters sans frontières dénonce le recul de la liberté de la presse partout dans le monde

Le Monde.fr avec AFP | 


http://s2.lemde.fr/image/2016/04/20/534x0/4905275_6_f774_reporters-sans-frontieres-a-publie-son_e374dc47e0fc3a40874ac3f326bd89d2.png

Reporters sans frontières a publié son classement annuel de la liberté de la presse en 2015.

Une dégradation de la liberté de la presse dans toutes les régions du monde en 2015, et particulièrement sur le continent américain. Tel est le constat dressé par le classement annuel de Reporters sans frontières, publié mercredi 20 avril. « Tous les indicateurs du classement témoignent d’une dégradation. De nombreuses autorités publiques essaient de reprendre le contrôle de leurs pays, craignant de trop grandes ouvertures du débat public », a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« Il est malheureusement notable que de très nombreux dirigeants dans le monde développent une forme de paranoïa contre l’exercice légitime du journalisme. Le climat général de peur entraîne une haine croissante du débat et du pluralisme, un verrouillage des médias par des gouvernements en pleine dérive autoritaire et liberticide, l’emprise grandissante d’intérêts particuliers sur l’information dans le secteur privé. »

Recul sur le continent américain

Si la situation s’est dégradée dans toutes les zones géographiques, elle a particulièrement reculé sur le continent américain, notamment en raison d’assassinats de journaliste en Amérique centrale. Ce continent passe ainsi derrière l’Afrique, même si la zone Afrique du Nord–Moyen-Orient reste la région du monde où les journalistes sont « les plus soumis à des contraintes de toutes sortes ».
En Amérique latine, « la violence institutionnelle, celle du crime organisé, l’impunité, la corruption et la concentration des médias constituent les principaux obstacles à la liberté de la presse », souligne RSF.
En Amérique du Nord, les Etats-Unis (41e) pâtissent de la cybersurveillance, et le Canada, qui perd 10 places (18e), a vu sa situation se dégrader « pendant la fin du mandat de l’ancien premier ministre Stephen Harper ».
Dans certains pays en crise, comme l’Irak (158e), la Libye (164e) et le Yémen (170e), « exercer le journalisme relève de la bravoure », souligne encore l’ONG. En bas du classement, comme l’an dernier, la Syrie stagne à la 177e place sur 180, derrière la Chine (176e) et devant le Turkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l’Erythrée (180e).

La Finlande toujours en première place

En Afrique, le Burundi perd 11 places (156e), ce pays ayant été « le théâtre de violences envers les journalistes après la candidature contestée puis la réélection du président Pierre Nkurunziza ».
L’ONG salue en revanche l’amélioration de la situation en Tunisie (96e), qui gagne 30 places, preuve, selon Christophe Deloire, qu’« il y a une consolidation des effets positifs de la révolution ».
Du côté des bons élèves, la Finlande conserve sa première place pour la sixième année d’affilée, suivie des Pays-Bas et de la Norvège. Si l’Europe demeure la zone où les médias sont le plus libres, RSF constate un affaiblissement de son modèle :
« Détournement du contre-espionnage et de la lutte contre le terrorisme, adoption de lois permettant une surveillance à grande échelle, augmentation des conflits d’intérêts, mainmise de plus en plus grande des autorités sur les médias publics et parfois privés, le continent ne s’illustre pas par une trajectoire positive. »
En France — le pays perd 7 places et pointe au 45e rang —, RSF déplore qu’« une poignée d’hommes d’affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias finissent par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale ».

image: http://s1.lemde.fr/medias/web/img/bg/vide.png

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/04/20/reporters-sans-frontieres-denonce-le-recul-de-la-liberte-de-la-presse-partout-dans-le-monde_4905276_3236.html#MOR1mKx8RRhCS5iY.99



http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/04/20/reporters-sans-frontieres-denonce-le-recul-de-la-liberte-de-la-presse-partout-dans-le-monde_4905276_3236.html

lundi 18 avril 2016

Le milliardaire copte égyptien Naguib Sawiris lance sa chaîne Africanews dans 33 pays de l’Afrique subsaharienne.

Propriétaire de la chaîne d’informations Euronews, le milliardaire copte égyptien Naguib Sawiris lance le 20 avril sa chaîne Africanews dans 33 pays de l’Afrique subsaharienne.
Naguib Sawiris étend son empire médiatique.
Naguib Sawiris étend son empire médiatique. / P. Desmazes/AFP
Africanews, petite sœur d’Euronews, doit permettre à l’homme d’affaires égyptien d’étendre géographiquement son empire médiatique, lui qui possède déjà en Égypte les chaînes ONTV et Ten, et le quotidien Al-Masry Al-Youm.
Installé à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, Africanews réunira près de 90 journalistes des quatre coins du continent. Sous le slogan « Africanews : your voice », la nouvelle chaîne promet d’être « la voix des Africains en Afrique et partout dans le monde ».
Il y a un an, à la surprise générale, Naguib Sawiris, 62 ans, raflait 53 % des parts d’Euronews en mettant 35 millions d’euros sur la table pour une chaîne européenne qui a toujours eu quelques difficultés à se positionner. Basée à Lyon, sur les bords de Saône, elle occupe un immeuble vert futuriste, signé Jakob + MacFarlane.

Business et politique

Au pays des Pharaons, tout le monde connaît les Sawiris. En 1950, le père, Onsi, crée Orascom Group, repris ensuite par ses fils, Naguib, l’aîné, Samih et Nassef. Depuis, chacun s’est spécialisé : Samih dans l’immobilier et le tourisme, Nassef dans la construction et les engrais, et Naguib, dans les télécommunications et les médias avec sa multinationale, Orascom Telecom Holding.
Les ambitions de Naguib dépassent le monde des affaires. En 2011, lors de la révolution égyptienne, qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak, ce membre de la communauté copte fonde le parti des Égyptiens libres, « pour aider les voix libérales laïques à rester en vie », qui obtient 65 sièges (13 %) aux dernières élections législatives de 2015.
Il espère surtout tenir à l’écart les Frères musulmans et autres extrémistes religieux. « Plus nous serons proches des sociétés modernes, laïques et libérales, plus nous nous éloignerons des façons de penser fondamentalistes », commente-t-il devant les médias.

Opportuniste ou concerné ?

En 2015, Naguib Sawiris, troisième fortune d’Égypte, surprend une fois encore l’Europe. Alors que des milliers de réfugiés syriens affluent sur le continent, il propose sur Twitter d’acheter une île en Grèce ou en Italie, pour les accueillir.
Opportunisme politique ? Coup de com’ ou émotion réelle face au drame humain ? « Elle sera indépendante, ajoute-il, et les réfugiés pourraient y construire une nouvelle vie. » Avant même d’avoir trouvé l’île, il l’a déjà baptisée, Aylan, du nom de ce petit garçon syrien de trois ans, retrouvé noyé sur une plage turque.
En 2016, les réfugiés syriens attendent toujours, mais, qui sait, l’homme peut encore surprendre.
Agnès Rotivel

http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Le-milliardaire-Naguib-Sawiris-lance-la-chaine-Africanews-2016-04-18-1200754181

Fwd: Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant





De : SIGNIS-Monde Communications <info@signis.net>
Date : jeudi 14 avril 2016
Objet : Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant
Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant
Bruxelles, 14 avril 2016 (SIGNIS). Nous avons le regret de vous annoncer la
 triste nouvelle de la mort inattendue de Robert Molhant, dans la nuit du 11 
avril, à son domicile à Bruxelles. Premier secrétaire général de SIGNIS 
(2002-2005), et secrétaire général de l'OCIC, l'organisation catholique
 internationale du cinéma, (1979-200) pendant plus de 20 ans, c'était 
un pionnier créatif dans le monde des communications catholiques. Lors
 de sa retraite de SIGNIS, il a repris la présidence du CREC International
, le centre de recherche et d'éducation en communication, créé par Pierre
 Babin à Lyon en 1971.

Le Président de SIGNIS, Gustavo Andujar, a déclaré : « Je viens d'apprendre la
 triste nouvelle de la mort soudaine de notre bien-aimé Robert Molhant. C'était
 un géant des communications catholiques, qui, avec un charisme incomparable
et une vision éclairée, savait comment motiver les gens et mobiliser les ressources
 pour servir efficacement l'Eglise dans son domaine, ce qui est vital pour le présent
 et le futur de l'évangélisation. Un ami cher, un père et un grand-père aimant, un
 homme intègre, un homme bon. Nos pensées et nos prières sont avec sa famille.
Qu'il repose en paix ».
Pendant ses années au sein de l'OCIC et puis de SIGNIS, il a toujours cherché à
étendre la portée et l'influence des deux organisations. Un homme avec une
personnalité chaleureuse et généreuse, il encourageait avec passion le développement
 des communications catholiques à travers le monde, et il manquera grandement
 à ses nombreux amis. Il a mis un point d'honneur à rendre visite aux membres
des associations à travers le monde, en offrant son soutien personnel et ses
encouragements. Ses voyages étaient tellement nombreux que l'on ne savait
 jamais dans quelle partie du globe il se trouverait après !
Robert est né à Bruxelles en 1940 et a étudié la littérature et le cinéma à
 l'Université Catholique de Louvain, avant de devenir enseignant dans une
 école secondaire à Bruxelles. A la fin des années 1960, il fut le président du
 Conseil de la jeunesse catholique en Belgique francophone, puis secrétaire
général de la Fédération Mondiale de la Jeunesse Catholique et président de la
Commission Justice et paix francophone de Belgique. En 1979, il a été recruté
 par Yvonne de Hemptinne afin de devenir le premier secrétaire général salarié
 de l'OCIC.
Ce fut le début d'une nouvelle ère pour l'OCIC. Avec le dominicain Ambros
Eichenberger, président de l'OCIC, il a organisé un grand nombre de jurys
(catholiques, œcuméniques et interreligieux) dans des festivals de cinéma
et de télévision partout dans le monde : Cannes, Berlin, Venise, Monte-Carlo,
 Ouagadougou, La Havane, Mar del Plata, Téhéran… Il dynamisa la présence
des membres de l'OCIC dans des jurys internationaux, non seulement en
Europe, mais aussi en Amérique Latine, comme à La Havane et Mar del Plata.
 Il avait un intérêt particulier pour le cinéma africain et, grâce au soutien de
 l'Unesco, l'OCIC a publié une collection de livres sur ce sujet.
C'est lors de son mandat que l'OCIC et Unda (l'Association catholique mondiale
 pour la radio et la télévision) ont commencé à collaborer plus étroitement.
Robert a travaillé avec plusieurs secrétaires généraux de Unda, et en 1980,
 le premier congrès organisé conjointement eut lieu en Asie (Manille), suivi
par Nairobi (1983), Quito (1987), Bangkok (1990), Prague (1994), Montréal
 (1998) puis Rome (2001). Il est également à l'origine d'une autre initiative
 remarquable, le Marché international de la vidéo religieuse (Chantilly 1986,
 Lisbonne 1988, Driebergen 1992, Cologne 1996, Vilnius 2000 et Rome 2001).
 Le résultat final fut la fusion des deux organisations, en 2001, et la création de
 SIGNIS.
Robert devint le premier secrétaire général de SIGNIS en même temps que
Peter Malone en devenait le premier président. Renouvelant l'héritage de l'OCIC
 et de Unda, il emmena SIGNIS dans une nouvelle direction, celle des médias
pour une culture de paix, englobant une vision plus large de la société. En 2005,
 il quitta ses fonctions de secrétaire général mais continua, jusqu'à la fin de 2010,
 à animer le département télévision au sein de SIGNIS, qu'il avait lui-même créé.
Il fut nommé en 1985 en tant que consulteur pour le conseil pontifical pour les
 communications sociales et a contribué, pendant plus de vingt ans, à la préparation
 de nombreux documents de l'Eglise sur les médias, notamment Aetatis Novae (1992),
 l'éthique dans la publicité (1997) et l'Eglise et Internet (2002).
Pour marquer sa retraite de SIGNIS en 2005, Robert fut nommé Chevalier Commandeur
 de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Pape. En 2006, il reçut un Doctorat en
communications sociales (Honoris Causa) de l'Université Salésienne de Rome pour
 l'ensemble de sa carrière. Ses efforts pour s'assurer que l'OCIC et SIGNIS se
 développent en tant qu'organisations professionnelles, influentes et mondiales,
qui contribuent au développement des médias de qualité et
 « donnent une voix
 aux sans voix et un visage aux sans visages », furent salués.
C'était un homme dévoué à sa famille, à ses trois enfants et six petits-enfants.
Nos pensées et prières leur sont adressées.
SIGNIS
Association catholique mondiale pour la communication

310, rue Royale
1210 Bruxelles – Belgique
info@signis.net
www.signis.net

jeudi 7 avril 2016

موقع الكتروني كاتوليكي جديد



JTK

Début du message transféré :

Expéditeur: ZENIT <info@zenit.org>
Date: 6 avril 2016 20:02:57 

".catholic" هو اسم الموقع الإلكتروني الجديد على شبكة الإنترنت الذي أرادته دائرة الاتصالات بناء على دعوة من وزارة خارجية الكرسي الرسولي، والذي سيكون بمتناول المنظمات والمؤسسات والمجتمعات والمديريّات البابوية في روما، إضافة إلى الأبرشيات والرهبانيّات والجمعيات والجامعات والمنظّمات غير الحكومية والمستشفيات والكيانات الأخرى المتّصلة بالكنيسة الكاثوليكية. فبحسب مقال نشره موقع fr.radiovaticana.va الإلكتروني، إنّ هذه الخطوة تهدف إلى مشاطرة تعاليم الكنيسة الكاثوليكية ورسائلها وقيمها مع العالم الإلكتروني.

تجدر الإشارة هنا إلى أنّ الكرسي الرسولي كان قد أودع اسم هذا النطاق الدولي في نهاية سنة 2013 بهدف منح الكنيسة رؤية أفضل على الشبكة، ومنح من يرغبون بذلك معلومات موثوق بها وضمانة قراءة موقع كاثوليكي منظّم ومترابط أشبه بماركة تجارية. أمّا من الناحية التقنيّة، فقد تمّ تأسيس مكتب خاص لإدارة النطاق الجديد، وهو يتألّف من رئيس و7 تقنيين عملوا سابقاً في راديو الفاتيكان.

jeudi 24 mars 2016

لهذه الأسباب.. سيتم إقفال صحيفة السفير وموقعها الإلكتروني

لهذه الأسباب.. سيتم إقفال صحيفة السفير وموقعها الإلكتروني

لهذه الأسباب.. سيتم إقفال صحيفة السفير وموقعها الإلكتروني

خاص "ليبانون ديبايت" - ربيع دمج:

بعد رحلة ناهزت الـ47 عاماً في عالم الصحافة المكتوبة، وبعد أن كانت الرائدة في مجالها بين جميع الصحف المحلية، صدر القرار من قبل إدارة صحيفة "السفير" بإقفالها نهائياً، هذه المرة الإقفال لن يشمل النسخة الورقية فقط، بل سيتم إقفال الموقع الإلكتروني أيضاً، وبذلك سيصبح نحو 140 موظفاً وعاملاً في هذه المؤسسة العريقة مهددين بالبطالة في حال لم يجدوا فرصهم في أماكن أخرى، خاصة الزملاء الصحفيين الذين سيجدون صعوبة حتمية في إيجاد مكاناً شاغراً لهم في صحيفة أخرى، كون المعاناة الإقتصادية تطال جميع المؤسسات الإعلامية، خاصة الصحف المحلية وتبقى جريدة "الجمهورية" الإستثناء الوحيد والبعيد عن بازار الإقفال.

في ساعات الصباح الأولى من يوم الأربعاء، تبلّغ جميع الموظفين المثبتين في المؤسسة بلاغ نهائي يقضي جدياً بإقفال المؤسسة مطلع شهر حزيران المقبل، على أن يتم دفع رواتب 3 أشهر مقدماً أقله، لكل العاملين والموظفين، بإستثناء المراسلين والكتاب المتعاونين والذين يقبضون عادة على القطعة أو مبلغ شهري مقطوع.

مصدر من صحيفة "السفير" اعتبر في حديث الى موقع "ليبانون ديبايت" أن "هذا القرار لم يفاجئهم بقدر ما أنهك قلوبهم على مؤسسة تربوا فيها، وكانت هناك بعض المخاوف من إنتهاء عصر الورقي للصحافة، لكن لم يخطر ببالهم أن تكون السفير هي أول ضحايا هذا الإنفجار الإعلامي".

ويضيف المصدر أنه "صباح الأربعاء عُقد إجتماع في المؤسسة لإطلاع الموظفين على حقوقهم وكيف ستدفع، وكل موظف حسب خبرته وسنين خدمته ومرتبه ووظيفته، على أن يتم عقد إجتماع آخر عند المساء من يوم الأربعاء للبحث في باقي التفاصيل الأخرى، لا سيما أن القرار الأولي كان يقضي بإقفال الصحيفة الورقية فقط، والإبقاء على النسخة الإلكترونية، إلا ان الجديد في القضية هو قرار إداري نهائي صدر بضرورة إقفال الموقع والجريدة، ولن يبقى سوى المركز العربي للبحوث الذي يقبع في الطوابق العليا من المؤسسة، ومهمة هذا المركز هو أرشفة الصحف والمقالات المحلية والعربية".

يقول مصدر آخر من الجريدة إن "القرار الذي أصدره صاحب الصحيفة طلال سلمان منذ سنة تقريباً، قضى بموجبه رفع سعر النسخة إلى 2000 ليرة لبنانية، لم يكن قراراً عشوائياً بتاتاً، بل مدروساً من ذلك اليوم حتى هذه الساعة، لأن الصحيفة لا تعتمد منذ فترة طويلة على المبيعات، بل على المعلنين وبعض التمويل الخارجي وتحديداً ليبيا وسابقاً من مصر، وطبعاً مؤخراً من بعض الجهات التابعة لـ8 آذار، لكن ليست من إيران مباشرة، كون سلمان لا يكن أو بالأحرى ليس على علاقة قوية بالنظام الإيراني وبالتالي لا يموّل صحيفته مباشرة منهم".

وعن قرار رفع سعر النسخة يقول المصدر" حينها شعرنا فيما بيننا ان هناك امراً ما سيحصل، لانه في طبيعة الحال لم يعد هناك قراء يتصفحون الجريدة مجانا، فكيف لهؤلاء شرائها بـ2000 ليرة، وهذا دليل أن الإعتماد لم يكن على القراء، ولكن قطاع الإعلان الذي تراجع 10 إلى 15 % أثر سلباً على الصحيفة".

وما يثير إستغراب بعض الموظفين في "السفير" أن رواتبهم لم تتأخر يوماً عن تسديدها لهم من قبل الإدارة، وكانت مع أول الشهر تنزل في المصرف دون أي تأخير، بعكس بعض الصحف التي تتأخر منذ أشهر عن دفع المستحقات".

ويعزو أحد الصحفيين القدامى في "السفير" سبب الإقفال النهائي لثلاثة أسباب أساسية، أهمها أن الجريدة كان يمولها نظام معمر القذافي سابقاً، ومع هلاكه وإنهيار نظامه أقفل أحد أبواب التمويل.

كذلك بالنسبة إلى العراق ومصر، حيث كانت بعض الجهات في هذين البلدين تدعم هذه الصحيفة في الأزمنة الماضية، أما السبب الثاني فمن المعروف أن المال السياسي الموزع على الإعلام في لبنان مصدره إما السعودية أو إيران، وبما أن علاقة طلال سلمان ليست جيدة مع السعودية وليست بالوقت ذاته قوية جداً مع النظام الإيراني فإن دعم الصحيفة مادياً من هاتين الجهتين أمراً صعباً، هذا عدا عن تراجع الإعلانات بشكل كبير وذهاب معظمها لصالح المواقع الإلكترونية.

أما السبب الثالث فهو أن لسلمان شريكين آخرين، واحدا منهم سوري يحمل الجنسية الأميركية وشريك أخر لبناني هو منح الصلح (متوف) وهو مقرب من الرئيس نجيب ميقاتي، وأن هناك خلافات أساسية بين الشركاء سابقاً، وهذا الخلاف تترجم مع ترك إبنة سلمان، هنادي، منصبها كمديرة تحرير وترك مكتبها والإبتعاد عن جو الصحيفة، وذلك بحسب ما يقول المصدر .

وفيما خص الموقع الإلكتروني، فقد تسلم أحمد طلال سلمان هذا القسم مع إبن أحد شركاء سلمان الذي تولى إدارة الموقع لفترة ثم ترك لأسباب غامضة وأتى منير الخطيب لتسلم إدارة الموقع، لكن يبدو أنه لم يفلح في تطويره كما يجب، وبالتالي وقعت مشاكل كثيرة داخلية، أبرزها مشاكل بين المدير الجديد ( الخطيب) وبين الموظفين في الموقع حيث ترك عدد كبير منهم العمل وبعضهم طلب نقله إلى غير قسم، ويبدو أن موقع السفير لم يحقق النجاح المرجو من حيث تدفق كمية الأخبار او تواجد كوادر مهمة لتغطية الأحداث كما هو حاصل في مواقع أخرى، وبالتالي الموقع لم يكن سوى نسخة عن الجريدة، إلا أنه أحياناً يتم نشر أخبار مواكبة للتطورات، وهذا الأمر يضع موقع السفير الإلكتروني خارج خانة المنافسة مع مواقع محلية أصبحت رائدة ولها متابعين كثر.

هذه الأسباب جمعاء، كانت السبب الوجيه وبعد تفكير طويل من قبل المالك للمؤسسة وشركائه الذين لم يعد يجدوا في هذه الصحيفة مصدراً لأرباحهم، فقرروا توقيف الصحيفة الورقية والإلكترونية.

ووفق معلومات كشفها أحد العاملين في المؤسسة لموقع ليبانون ديبايت، فإن الإدارة قالت لهم بأن هناك إحتمالية كبيرة لعودة الموقع، ولكن بحلة جديدة وأسلوب متطور كي ينافس المواقع الأخرى، ولكن هذا التوجه لن يكون قبل سنة، لأن في حال تم إعادة إحياء الموقع بشكل فعال سيتطلب موظفين ومصورين وكتاب قادرين على صنع الخبر وجذب القارئ والمعلن في آن.

وفي وقت لاحق وتعقيباً على ما كان أشار اليه موقع ليبانون ديبايت نقلا عن المصدر، عن ان الراحل منح الصلح كانت لديه حصة في مؤسسة السفير، وان هذا الأخير مقرب من الرئيس نجيب ميقاتي، وان الصلح فض شراكته مع طلال سلمان ما أوحى ان هناك خلاف بين سلمان وميقاتي، أوضح مكتب الرئيس ميقاتي لاحقا في اتصال مع موقع ليبانون ديبيات، ان لا خلاف بتاتا مع طلال سلمان وان العلاقة كانت ولا تزال جيدة.


JTK

samedi 19 mars 2016

«Pour une théologie de la communication», par le Fr Manuel Rivero O.P.



«Pour une théologie de la communication», par le Fr Manuel Rivero O.P.

Marina Droujinina  |  18/03/16
Pour une théologie de la communication

« Le risque est de confondre « parler » et « communiquer ». Il peut y avoir abondance de paroles sans véritable communication », explique le Fr Manuel Rivero, O.P. dans cet entretien qui présente son livre : « Pour une théologie de la communication » (chez Parole et silence).

Il fait observer que « le mystère de la Trinité constitue la source, le modèle et la finalité de la communication humaine appelée à devenir communion ».

Zenit – Frère Manuel Rivero, à qui s'adresse  votre  livre? Comment est-il organisé?

Fr Manuel Rivero – Ce livre sur la théologie de la communication se situe dans le contexte de la théologie pratique. Il s'agit de penser la présence et l'action de Dieu dans l'expérience de la communication. Aussi s'adresse-t-il aux théologiens et aux responsables de la formation catéchétique.

Il comporte des chapitres théoriques (Trinité, Esprit-Saint, Christologie, Église …) et pratiques (actualisation des paraboles, récits de vie …) qui aident à penser la foi chrétienne dans le contexte de la communication

Cela dit, il convient de souligner que de plus en plus des laïcs, croyants ou tout simplement chercheurs de Dieu, lisent des livres de spiritualité et de théologie qui leur ouvrent des chemins nouveaux en leur donnant des méthodes d'approche et de relecture du quotidien. Le théologien regarde le monde avec les yeux de Dieu.

La théologie de la communication propose un regard illuminé par la foi et par la révélation divine transmise par la Bible. Il s'agit d'un élargissement du concept de raison qui comprend aussi la dimension spirituelle de l'homme, comme le rappelait le pape émérite Benoît XVI en évoquant l'apport du christianisme à la culture.

Le pape François insiste beaucoup sur la culture du dialogue et de la rencontre: comment la communication peut-elle être au service d'une vraie « culture » de la rencontre? Qu'est-ce que signifie rencontrer une personne selon l'Évangile ?

Ce livre sur la théologie de la communication aborde le dialogue à la suite de la Bible et de l'enseignement des papes, dont le bienheureux Paul VI qui voyait l'Église vivre le dialogue et la conversation comme un chemin de sagesse et de progrès dans la vérité. Nous sommes ainsi amenés à croire en la puissance du dialogue. Il faudrait pouvoir s'exclamer lors des malentendus et des conflits : « Je suis fatigué de communiquer ». Le dialogue représente un travail. Il convient aussi de dépasser la peur d'affronter l'altérité et les oppositions.

Le risque est de confondre « parler » et « communiquer ». Il peut y avoir abondance de paroles sans véritable communication. Le dialogue part de l'écoute et du silence intérieur pour manifester les pensées et aboutir à l'amour suivant la vie de la Trinité elle-même : la sagesse du Père se manifeste par le Verbe – Logos en grec, mot qui donne « dialogue » en français – dans la communion de l'Esprit, Amour du Père et du Fils.

Le mystère de la Trinité constitue la source, le modèle et la finalité de la communication humaine appelée à devenir communion.

Des mots utilisés par Internet, Facebook en particulier, sont porteurs d'une histoire chrétienne : partager, icône, ami …

La théologie de la communication accorde à la rencontre humaine une valeur sacramentelle suivant l'enseignement de Jésus lui-même : « Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les hommes, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).

Le baptême fait du laïc un consacré dans la signe trinitaire de la croix. Les rencontres humaines sont alors habitées par la présence sacrée du Père, du Fils et de l'Esprit. Si l'homme et la femme ont été créés à l'image de Dieu (Gn 1,27), les relations humaines sont appelées à devenir images des relations trinitaires : sans domination, dans le respect des différences, dans l'égalité de dignité et dans la perfection de l'amour réciproque qui crée l'unité.

Ce livre présente aussi la communication de Jésus dans l'Évangile : l'Incarnation et l'inculturation, la proximité, les questions pièges, la communication avec les femmes, au repas …

Jésus apparaît comme le parfait communicateur où la prière joue un rôle fondamental : personne n'est allé aussi loin que lui dans la relation avec Dieu, personne n'est allé aussi loin que lui dans la communication avec les hommes.

Le saint pape Jean-Paul II présentait Jésus comme « le visage humain de Dieu et le visage divin de l'homme ». C'est en Jésus, que l'humanité rejoint Dieu que personne n'a jamais vu.

 Comment communiquer la miséricorde, selon le défi que le pape François confie à l'Église en cette année sainte extraordinaire? Quel est le lien entre communication et miséricorde?

Il fut un temps où certains évêques parlaient de la difficulté de trouver les mots justes pour communiquer le contenu de la foi. En réalité, ceux qui vivent proches des réalités douloureuses et souvent marginales parviennent à utiliser les mots qui vont droit au cœur. Par exemple, si un évêque vivait une semaine dans un bidonville, je doute qu'il ait du mal à s'exprimer avec force et clarté.

Avant d'être une affaire technique, la communication suppose « la sortie de soi », expression chère au pape François, pour rejoindre le malheur d'autrui avec non seulement des sentiments mais surtout des actions. C'est cela la miséricorde.

En ce Jubilé de la miséricorde, le pape donne l'exemple d'une Église « en sortie » au service de l'humanité. Aussi va-t-il à la rencontre des malades, des prisonniers, des immigrés… Sans connaître l'informatique, il communique avec des millions de personnes de toutes conditions qui le reconnaissent comme un disciple missionnaire de Jésus-Christ.