Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

Mosaique de la chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj
Mosaique de la Chapelle Redemptoris Mater ,par Marko Rupnik sj

La tâche prophétique de l'agent de communication chrétien

« L'agent de communication chrétien en particulier a une tâche prophétique, une vocation: dénoncer les faux dieux et les fausses idoles d'aujourd'hui — matérialisme, hédonisme, consumérisme, nationalisme étroit, etc. ... — proclamant à tous un ensemble de vérités morales fondées sur la dignité et les droits humains, l'option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, l'amour des ennemis et le respect inconditionnel de toute forme de vie humaine, de la conception à la mort naturelle; et la recherche de la réalisation la plus parfaite du Royaume dans ce monde, tout en demeurant conscient que, à la fin des temps, Jésus restaurera toutes choses et les retournera au Père » (cf. 1 Co 15,24)." {

{L'ethique dans les moyens de communication sociale", Mgr John Folley Vatican 2000}

samedi 7 mai 2016

« La révolution sera numérique » : le manifeste de John Doe, le lanceur d’alerte des « Panama papers »

« La révolution sera numérique » : le manifeste de John Doe, le lanceur d'alerte des « Panama papers »

« La révolution sera numérique » : le manifeste de John Doe, le lanceur d'alerte des « Panama papers »

C'est un lanceur d'alerte anonyme surnommé "John Doe" qui a remis à la "Süddeutsche Zeitung" les 11,5 millions de documents à l'origine des "Panama papers".

Le lanceur d'alerte anonyme des « Panama papers », qui utilise le pseudonyme « John Doe », a transmis au journal allemand Süddeutsche Zeitung un manifeste écrit en anglais pour expliquer pourquoi il a remis à la presse les 11,5 millions de fichiers des archives de Mossack Fonseca. Le Monde reproduit une traduction intégrale de ce texte. Les citations ont été mise en exergue par la rédaction.

Pour en savoir plus :   Le lanceur d'alerte des « Panama papers » sort du bois pour expliquer sa démarche

L'inégalité des revenus est un des marqueurs de notre époque. Elle nous affecte tous, partout dans le monde. Le débat sur son accélération soudaine fait rage depuis des années, les politiques, les universitaires et les activistes étant incapables d'interrompre sa progression malgré d'innombrable discours et analyses statistiques, quelques faibles contestations et d'occasionnels reportages. Pourtant, des questions restent en suspens : pourquoi ? Et pourquoi maintenant ?

Les « Panama papers » fournissent une réponse convaincante à ces questions : une corruption massive et généralisée. Et ce n'est pas une coïncidence si cette réponse nous vient d'un cabinet d'avocats. Plus qu'un simple rouage dans la machine de la « gestion de fortune », Mossack Fonseca a usé de son influence pour écrire et tordre les lois partout dans le monde en faveur d'intérêts criminels pendant plusieurs décennies. En témoigne l'exemple de l'île de Nuie, un paradis fiscal que le cabinet a tout bonnement régi du début à la fin. Ramon Fonseca et Jürgen Mossack voudraient nous faire croire que leurs sociétés-écrans, aussi appelés « véhicules ad hoc de titrisations » [Special purpose vehicles] sont semblables à des voitures. Mais les vendeurs de voitures d'occasion ne font pas les lois. Et le seul but ad hoc des véhicules qu'ils ont monté était trop souvent frauduleux, et à grande échelle.

Les sociétés-écrans sont souvent utilisées pour de l'évasion fiscale, mais les « Panama papers » montrent sans l'ombre d'un doute que, bien qu'elles ne soient pas par définition illégales, ces structures sont associées à une large palette de crimes qui vont au-delà de l'évasion fiscale. J'ai décidé de dénoncer Mossack Fonseca parce que j'ai pensé que ses fondateurs, employés et clients, avaient à répondre de leur rôle dans ces crimes, dont seuls quelques-uns ont été révélés jusqu'à maintenant. Il faudra des années, peut-être des décennies, pour que l'ampleur réelle des actes ignobles de ce cabinet soit dévoilée.

Entre-temps, un débat international a démarré, ce qui est encourageant. A l'inverse de la rhétorique polie de jadis qui évitait soigneusement de suggérer de quelconques irrégularités commises par nos élites, ce débat se concentre sur ce qui importe vraiment.

A cet égard, j'ai quelques réflexions à partager.

« Des milliers de poursuites pourraient découler des "Panama Papers" »

Que ce soit clair : je ne travaille ni n'ai jamais travaillé pour un gouvernement ou un service de renseignement, ni directement ni en tant que consultant. Mon point de vue est personnel, tout autant que ma décision de partager les documents avec la Süddeutsche Zeitung et le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), non pas dans un dessein politique, mais simplement parce que j'ai suffisamment compris leur teneur pour me rendre compte de l'ampleur des injustices qu'ils dépeignaient.

Le discours médiatique dominant s'est, jusqu'à présent, focalisé sur ce qui est légal et autorisé dans ce système. Ce qui est autorisé est effectivement scandaleux et doit être changé. Mais il ne faut pas perdre de vue un autre aspect important : le cabinet d'avocats, ses fondateurs et ses employés ont violé une infinité de lois, en toute connaissance de cause et de manière répétée. Publiquement, ils plaident l'ignorance, mais les documents signalent une connaissance approfondie et une transgression délibérée. A tout le moins, nous savons déjà que Mossack s'est personnellement rendu coupable de parjure devant une cour fédérale du Nevada, et nous savons aussi que son équipe informatique a essayé de camoufler ses mensonges sous-jacents. Ils devraient tous être poursuivis en conséquence, sans traitement spécial.

En fin de compte, des milliers de poursuites pourraient découler des « Panama papers », si seulement les autorités judiciaires pouvaient accéder aux documents et les évaluer. L'ICIJ et ses partenaires ont à juste titre déclaré qu'ils ne pouvaient les fournir aux administrations compétentes. Cependant, je serais prêt à coopérer avec les autorités dans la mesure de mes moyens.

« Les lanceurs d'alerte méritent l'immunité »

Ceci étant dit, j'ai observé les uns après les autres les lanceurs d'alerte et les activistes voir leur vie détruite après avoir contribué à mettre en lumière d'évidentes malversations, aux Etats-Unis comme en Europe. Edward Snowden est bloqué à Moscou, exilé par la décision du gouvernement d'Obama de le poursuivre en justice à la faveur de la loi sur l'espionnage (« Espionage Act »). Pour ses révélations sur la NSA, il mérite d'être accueilli en héros et de recevoir un prix important, pas d'être banni.

Bradley Birkenfeld a obtenu des millions pour ses informations sur la banque suisse UBS – mais le Département de la justice de la justice américain lui dans le même temps infligé une peine de prison.

Antoine Deltour est actuellement en procès pour avoir fourni des informations à des journalistes sur la façon dont le Luxembourg signait en secret des accords fiscaux de complaisance avec des multinationales, volant tout bonnement aux Etats voisins des milliards en revenus fiscaux. Et il y a bien d'autres exemples encore.

Les lanceurs d'alerte légitimes qui mettent au jour d'incontestables malversations, qu'ils agissent de l'intérieur ou de l'extérieur du système, méritent l'immunité contre les représailles gouvernementales, un point c'est tout. Tant que les gouvernements n'auront pas mis en place des protections juridiques pour les lanceurs d'alerte, les autorités dépendront de leurs propres ressources ou du travail des médias pour accéder aux documents.

« Imposer la transparence en fixant des standards »

En attendant, j'appelle la Commission européenne, le parlement britannique, le Congrès américain et toutes les nations à adopter les mesures qui s'imposent non seulement pour protéger les lanceurs d'alerte, mais aussi pour mettre un terme aux abus mondialisés des registres du commerce.

Au sein de l'Union européenne, le registre du commerce de chaque Etat-membre devrait être librement accessible et comporter des données détaillées sur les bénéficiaires économiques finaux des sociétés. Le Royaume-Uni peut être fier de ses initiatives, mais a encore un rôle crucial à jouer en mettant fin au secret financier sur ses territoires insulaires [comme les îles Vierges britanniques, Jersey ou Guernesey], qui sont incontestablement la pierre angulaire de la corruption institutionnelle à travers le monde. Les Etats-Unis ne peuvent plus faire confiance à leurs 50 Etats pour prendre des décisions éclairées sur les données de leurs entreprises. Il est plus que temps pour le Congrès d'entrer en jeu et d'imposer la transparence en fixant des standards pour la divulgation et l'accès public à ces informations.

C'est une chose de louer les vertus de la transparence gouvernementale lors de sommets et dans les médias, mais c'en est une autre de la mettre en œuvre effectivement. C'est un secret de polichinelle qu'aux Etats-Unis, les élus passent la majorité de leur temps à lever des fonds. Le problème de l'évasion fiscale ne pourra être réglé tant que les officiels élus dépendront de l'argent des élites qui ont le plus de raisons de vouloir échapper à l'impôt. Ces pratiques politiques iniques sont arrivées à la fin d'un cycle et elles sont irréconciliables. La réforme du système déficient des financements de campagnes électorales américaines ne peut plus attendre.

Bien entendu, ce ne sont clairement pas les seuls problèmes qu'il faut régler. Le premier ministre néo-zélandais, John Key, a été étonnamment silencieux sur le rôle actif joué par son pays pour faire des îles Cook la Mecque de la fraude fiscale. En Grande-Bretagne, les conservateurs n'ont eu aucune honte à cacher leurs liens avec des sociétés offshore.

Dans le même temps, la directrice du Réseau de répression des crimes financiers du département du Trésor des Etats-Unis vient d'annoncer son départ pour HSBC, l'une des banques les plus connues de la planète (dont le siège, au passage, se trouve à Londres).

Ainsi, le bruissement familier des portes tambours [« revolving doors », c'est à dire les allers et retours de personnel entre les organismes de régulation et l'industrie] résonne-t-il dans le silence mondial assourdissant de milliers de bénéficiaires finaux encore inconnus, qui prient certainement pour que son remplaçant soit tout aussi lâche. Face à la couardise des politiques, il est tentant de céder au défaitisme, de dire que le statu quo reste fondamentalement inchangé, alors que les « Panama papers » sont le symptôme évident de la décadence morale de notre société.

« Les banques, les régulateurs financiers et les autorités fiscales ont échoué »

Mais le problème est enfin sur la table, et il n'est pas étonnant que le changement prenne du temps. Pendant 50 ans, les branches exécutive, législative et judiciaire du pouvoir à travers le monde ont totalement échoué à soigner les métastases des paradis fiscaux surgissant à la surface de la terre. Même aujourd'hui, alors que le Panama veut être connu pour autre chose que des « papiers », son gouvernement n'a convenablement inspecté qu'un seul des chevaux de son manège offshore [le cabinet Mossack Fonseca].

Les banques, les régulateurs financiers et les autorités fiscales ont échoué. Les décisions qui ont été prises ont ciblé les citoyens aux revenus bas et moyens, en épargnant les plus riches.

Des tribunaux désespérément obsolètes et inefficaces ont échoué. Les juges ont trop souvent cédé aux arguments des riches, dont les avocats – et pas seulement chez Mossack Fonseca – sont parfaitement rodés à respecter la lettre de la loi, mais en mettant tout en œuvre pour en pervertir l'esprit.

Les médias ont échoué. De nombreux groupes d'information sont devenus des caricatures de ce qu'ils étaient, des particuliers milliardaires semblent voir dans la propriété d'un journal un simple hobby, limitant la couverture des sujets graves concernant les plus riches, et le journalisme d'investigation sérieux manque de financements.

La conséquence est réelle : en plus de la Süddeutsche Zeitung et de l'ICIJ, les rédacteurs en chef de plusieurs titres de presse majeurs ont pu consulter des documents issus des « Panama papers » – même s'ils ont assuré le contraire. Ils ont choisi de ne pas les exploiter. La triste vérité est qu'aucun des médias les plus importants et compétents du monde n'a montré de l'intérêt pour cette histoire. Même Wikileaks n'a pas donné suite à de multiples sollicitations par le biais de son formulaire de signalement.

« La "déontologie juridique" est devenue un oxymore »

Mais c'est avant tout la profession juridique qui a échoué. La gouvernance démocratique repose sur des individus responsables partout dans le système qui comprennent et respectent la loi, plutôt que de la comprendre pour l'exploiter. Les avocats ont globalement atteint un tel niveau de corruption qu'il est impératif que des changements majeurs interviennent dans la profession, bien au-delà des timides propositions qui sont actuellement proposées.

Pour commencer, l'expression « déontologie juridique », sur laquelle sont basés les codes de conduite et les permis d'exercer, est devenu un oxymore. Mossack Fonseca ne travaillait pas seule : malgré des amendes répétées et des violations de régulations étayées, elle a trouvé dans presque chaque pays du monde des alliés et des clients auprès de cabinets d'avocats de premier plan.

Si les preuves du bouleversement de l'économie de cette industrie n'étaient pas suffisante, il est désormais impossible de nier le fait que les avocats ne devraient plus avoir le droit de se réguler entre eux. Cela ne marche simplement pas. Ceux qui ont les moyens financiers peuvent toujours trouver un avocat pour servir leurs desseins, que cela soit Mossack Fonseca ou un autre cabinet inconnu. Qu'en est-il du reste de la société ?

« L'heure est venue d'une action véritable »

La conséquence collective de ces échecs est l'érosion totale des standards déontologiques, menant en fin de compte à un nouveau système que nous appelons toujours capitalisme, mais qui se rapproche davantage d'un esclavage économique. Dans ce système – notre système – les esclaves n'ont aucune idée de leur propre statut ni de celui de leurs maîtres, qui évoluent dans un monde à part où les chaînes invisibles sont soigneusement dissimulées au milieu de pages et de pages de jargon juridique inaccessible.

L'ampleur terrifiante du tort que cela cause au monde devrait tous nous faire ouvrir les yeux. Mais qu'il faille attendre qu'un lanceur d'alerte tire la sonnette d'alarme est encore plus inquiétant. Cela montre que les contrôles démocratiques ont échoué, que l'effondrement est systémique, et qu'une violente instabilité nous guette au coin de la rue. L'heure est donc venue d'une action véritable, et cela commence par des questions.

Les historiens peuvent aisément raconter comment des problèmes d'imposition et de déséquilibre des pouvoirs ont, par le passé, mené à des révolutions. La force militaire était alors nécessaire pour soumettre le peuple, alors qu'aujourd'hui, restreindre l'accès à l'information est tout aussi efficace – voire plus –, car cet acte est souvent invisible. Pourtant, nous vivons dans une époque de stockage numérique peu coûteux et illimité et de connexion Internet rapide qui transcende les frontières nationales. Il faut peu de choses pour en tirer les conclusions : du début à la fin, de sa genèse à sa diffusion médiatique globale, la prochaine révolution sera numérique.

Ou peut-être a-t-elle déjà commencé.

« John Doe », lanceur d'alerte des « Panama papers » (traduit de l'anglais par Jérémie Baruch et Maxime Vaudano)



JTK

jeudi 5 mai 2016

مؤتمر "الإعلام العربي وأسئلة التغيير في زمن التحولات"

https://www.facebook.com/ucipliban/posts/471803226349941
5-52016-

افتتحت كلية الإعلام في الجامعة اللبنانية، بالتعاون مع فريق "دال" للدراسات الإعلامية مؤتمر "الإعلام العربي وأسئلة التغيير في زمن التحولات"، صباح اليوم في فندق الريفييرا، برعاية رئيس الجامعة الدكتور عدنان السيد حسين وحضوره. كما حضر المدير العام لوزارة الإعلام الدكتور حسان فلحة، مديرة "الوكالة الوطنية للاعلام" لور سليمان، عميد كلية الإعلام الدكتور جورج صدقة، مدير كلية الإعلام الفرع الأول الدكتور رامي نجم، مديرة كلية الإعلام الفرع الثاني الدكتورة غلاديس سعادة وعمداء وأساتذة الجامعة اللبنانية. القادري والقت منسقة المؤتمر الدكتورة نهوند القادري، كلمة قالت فيها: "تلاقينا مجموعة من الأساتذة من كلية الإعلام في الجامعة اللبنانية للبحث في عنوان مشترك يصب في دراسة التحولات الطارئة على المهن الإعلامية، في ضوء التطورات التكنولوجية والإتصالية الراهنة، فكان فريق "دال"، وسرعان ما وجدنا أنفسنا، كأكاديميين، أمام مجموعة تساؤلات حول مدى صلاحية التكوين المهني وصوابيته، وحول جدوى اعتماد مقاربات أحادية الجانب لمعالجة موضوعات تتزايد تعقيدا يوما بعد يوم، ولا سيما في زمن التحولات الكبرى والمتسارعة". اضافت: "لعل هذه التساؤلات تخفي وراءها قلقا مرده أزمة التوسط بين الدولة والمجتمع، أزمة تضرب في العمق دور وسائل الإعلام الجماهيرية، كما المدرسة والجامعة، والأسرة وأمكنة العمل. انها أزمة معطوفة على حراك مجتمعي يتخبط صعودا ونزولا، يصعب عليه أن يستقر في مآل محدد، نتيجة اهتزاز المرجعيات، وخفوت الأيديولوجيات وانهيار التراتبية، ورفض التأطير، وما تبع ذلك من لا مبالاة سياسية ومن تحلل للسياسي Politique Le". وتابعت: "صحيح ان الصحافة في أزمة، وان الأزمة تتمظهر في تلاشي القيم والمباديء التي وجهت ولادتها وتطورها منذ قرنين، ما أدى الى تحول على صعيد شروط الممارسة المهنية نفسها، غير ان هذه الأزمة تخفي شيئا آخر أكثر عمقا، انها أزمة آليات التوسط والنقد، أزمة الروابط الإجتماعية وآليات تنشيطها، فالمجتمعات تتحول جذريا، والجميع يبحث عن التجديد في أشكال الممارسة والمشاركة الديموقراطية، ما يعني ان هناك قدرا مشتركا تتقاسمه حاليا الحركات الإجتماعية ووسائل الإعلام، والبنى والهياكل الأكاديمية". واشارت الى انه "ازاء هذه التحولات الجذابة من ناحية، والمربكة من ناحية ثانية، وكي يبصر التغيير المنشود في مجتمعاتنا النور، وكي لا نتحول الى مجرد وثائق في العالم الإفتراضي، وكي لا نصاب بالفصام نتيجة التعارض بين العالمين الإفتراضي والواقعي، ولأنه منوط بنا إعادة صوغ شكل جديد لآليات التوسط، لا بد أن يمد أحدنا يده الى الآخر لتبادل الخبرات والتجارب ووجهات النظر أكاديميين ومهنيين، ولا بد من مراجعة نقدية شاملة، كأن نعيد النظر في تموضعنا وأدائنا وطرق عملنا، ومنهجيات تفكيرنا، خصوصا على مستوى إدارة الموارد البشرية، لا بد من اقتناع أهل الأكاديميا أن تطوير المفاهيم والمنطلقات النظرية لا يتم بمعزل عن الخبرات المهنية، ولا بد من اقتناع أهل المهنة ان تطوير آليات العمل الإعلامي وإعادة النظر في المفاهيم التي ترعاها لن يتم بمعزل عن البحوث والدراسات الأكاديمية. فالتحديات الراهنة تملي علينا أن يصغي أحدنا للآخر وأن يبذل كل منا جهودا فائقة للحفاظ على ما تبقى من انتباه، بعدما تكهرب هذا الأخير وترقمن، واستنفذ، ودفعت مبالغ طائلة لجذبه". وختمت: "باسم فريق "دال" للدراسات الإعلامية في الجامعة اللبنانية، أشكر معالي رئيس الجامعة على رعايته ودعمه المتواصلين للأساتذة الباحثين، وفي هذا الصدد، كلمة حق تقال، تشجيعك يا معالي الرئيس زاد من شغفنا للبحث ومن مسؤوليتنا تجاه جامعتنا وتجاه وطننا. أشكر وزارة الإعلام ووزارة السياحة على لفتتهما الكريمة تجاه الكلية، كما وأشكر عميد الكلية الدكتور صدقة، على مساندته وصدق دعمه، والشكر موصول لممثل الكلية في مجلس الجامعة الدكتور جورج كلاس ولمديري الفرعين، الدكتورة غلاديس سعادة والدكتور رامي نجم، على جهودهما في إنجاح هذا المؤتمر. أشكر أعضاء الفريق المكون من الأساتذة: احمد زين الدين، جدوسلين نادر، جمال نون، راغب جابر، رامي نجم، زينب خليل، لمى كحال، محمود طربيه، مهى زراقط ووفاء ابو شقرا، والشكر المضاعف لأصغرنا وأنشطنا الدكتورة لمى كحال. أشكر الأساتذة والإعلاميين الذين تفاعلوا مع موضوع المؤتمر وأعدوا بحوثا وأوراقا بهذا الخصوص، وآمل أن يتمكن هذا المؤتمر من فتح الآفاق لمعالجات بحثية لاحقة تضفي معان جديدة على ما يحيط بنا من تحولات. أشكر حضوركم وحضوركن، وأتمنى للضيوف العرب من الجزائر ومصر وتونس والمغرب، طيب الإقامة في ربوع بلدهم الثاني لبنان". صدقة من جهته، قال عميد كلية الاعلام صدقة: "ان تعقد كلية الإعلام في الجامعة اللبنانية مؤتمرا عن الإعلام العربي في هذا الزمن الذي أسميناه زمن التحولات، لهو إيمان منا بدور الصروح الجامعية، بدور المثقفين والنخب الفكرية، وبالدور الذي يمكن للاعلام أن يلعبه". اضاف: "الجامعات هي مناجم الإنتاج العلمي، هي التي تطلق الأفكارالجديدة، هي مختبرات التقدم العلمي والإجتماعي، والجامعة اللبنانية التي تلعب دورا أساسيا في الترقي الإجتماعي وفي تقدم مجتمعنا منذ خمسة وستين عاما لحريصة على الإستمرار في هذا الدور. كذلك النخب الفكرية والثقافية، دورها ريادي في قيادة المجتمع ورسم اتجاهاته من خلال دور نقدي استشرافي يرسم طريق المستقبل. ثم دور وسائل الإعلام، وهي السلطة المنبثقة من العلنية ومن تعميم المعرفة، تكتسب شرعيتها من كونها خدمة عامة تسعى الى تحقيق خير المجتمع، وعلى انها المساحة العامة حيث تتلاقى الأطراف الفاعلة على الساحة السياسية والإجتماعية وتتفاعل مع بعضها، ووسائل الإعلام هي ايضا الساحة الثقافية بامتياز، بالمعنى الواسع، أي بأدوارها التوعوية والتربوية والنقدية التي تمهد للاصلاح وتفتح الباب الى التغيير". واشار الى ان "هذا المؤتمر سيضيء على واقع الإعلام العربي اليوم، وعلى الأدوار المناطة به في ظل التحديات الكبرى التي تعيشها مجتمعاتنا، في زمن التحولات والإستحقاقات المصيرية، وهل هو يمارس الأدوار المأمولة منه". وقال: "يمكن أن نستنتج بسهولة ان عالمنا العربي، منذ نشوء غالبية كياناته السياسية الحديثة في القرن الماضي، لم يفسح في المجال للاعلام بأن يلعب دوره، لا كمساحة عامة ولا كسلطة نقدية ورقابية، ولا كأداة تثقيف وترق". اضاف: "لقد سعت الأنظمة السياسية العربية الى وضع اليد على الإعلام بطرق مختلفة، وغالبا ما استعملته أداة للدعاية السياسية وللترويج لنفسها، فضيقت مساحات الحرية فيه، وغيبت دوره النقدي الرقابي، فتحول الجمهور العربي عن الإعلام المحلي الى الإعلام الخارجي حتى لمتابعة أخبار بلاده في الداخل. وكان المواطن العربي منذ خمسينات القرن الماضي يلجأ الى إذاعة لندن أوالإذاعات الأجنبية الأخرى ليعرف ماذا يحصل في عاصمته. منذ ذلك الحين أفسحنا في المجال للاعلام الخارجي ليكون مصدر ثقافتنا ومعرفتنا، ونحن ندرك ان هذا الإعلام يسعى الى أهداف كثيرة أخرى غير ذلك، كما انه أداة الإستعمار الفكري والثقافي وزرع بذور الصراعات الداخلية". وتابع: "هذا الوضع لم يتغير في زمن الفضائيات في مطلع التسعينيات، فإذا بفضائنا يعج بمئات المحطات الأجنبية التي تسعى الى كسب جمهورنا فيما محطاتنا تعاني من قيود متعددة تحرمها من القدرة على المنافسة. وكم من هذه الفضائيات الأجنبية أو الناطقة بالعربية كانت أداة لزرع النزاعات الداخلية من سياسية أو دينية أواجتماعية، في غياب إعلام محلي محط ثقة عند الجمهور. وما نتناوله عن الوسيلة، يمكن أن نعكسه على المتلقي الذي يتلقف اي شيء من دون مساءلة، وينحو الى الإثارة، وهذا ما لم تبخل له عليه لا المحطات المحلية ولا الخارجية. وإذا أضفنا عند هذا المتلقي غياب الفكر النقدي، يتحول حينها الى ضحية سهلة للبرامج التي تدعي تثقيفه وتدعي كونها صوت الرأي والرأي المضاد، فإذا هي صوت الفتنة والدس. هذا لأننا طوال عقود لم نثقف المتلقي ولم يثق بإعلامه المحلي". ورأى "ان الثوارت العربية منذ العام 2011 تقلب المشهدين السياسي والإعلامي معا، حيث نعيش تحولات ليس فقط على الصعيد السياسي، بل ايضا على صعيد وسائل الإعلام، والتحولات في المشهد الإعلامي لا تقل تعقيدا لأنها تطال القوانين والواقع الإجتماعي الجديد، اضافة الى التحولات المهنية الناتجة عن صعود الإعلام الرقمي، وتراجع الورق، والنمو المتزايد لمواقع التواصل التي تصبح بدورها مرتكزات إعلامية لوسائل الإعلام وللجمهور معا، هذا جعل ان دور الصحافي الذي هو الأساس مصفاة للأخبار يختار منها الصحيح والمهم وذي فائدة ليقدمها للجمهور، هذا الدور خضع للتحولات فبات الصحافي يلهث وراء المواقع التي سبقته، والتي راحت تملي عليه مرارا خيارات، لم تكن في ما مضى تستحق الإهتمام. حتى التلفزيون الذي كان يعتبر نفسه متربعا سعيدا على عرش الإعلام، اهتزت سلطته أسوة بالصحافة المكتوبة". وقال: "الى هذه التحولات في البنى الإعلامية جاء الحراك السياسي في العالم العربي ليضاعف من دور الإعلام، حيث الكلمة أو الصورة أساسية في تشكيل اتجاهات الرأي. فكيف نشرك الإعلام في تحديات مجتمعاتنا من أجل كسب مسيرة التحولات السياسية، في توعية مجتمعاتنا؟ هل ما زال أداة في خدمة مصالح آنية وشخصية ومشاريع عقائدية ما يفقده مصداقيته؟ أي سلطة يمارسها إعلامنا العربي؟ وهل بقي له من سلطة؟ كيف يتفاعل مع الأنظمة السياسية بعد ثورات 2011؟ هذه الأسئلة ما سيحاول هذا المؤتمر الإجابة عليها". واعتبر ان "لبنان لم يعرف حراكا سياسيا اسوة بما حصل في العالم العربي، لكن من السهل أن نستنتج ان سلطة الإعلام فيه الى تراجع رغم مفاخرتنا بأنه الإعلام الأكثر تحررا في العالم العربي". وقال: "عشنا تراجع سلطة الإعلام اللبناني في أزمة النفايات التي استمرت ثمانية أشهر وعجز الإعلام الذي كان يقرع جرس الإنذار صبح مساء من أن يغير الوضع قيد أنملة، هو أيضا يكشف يوميا فضائح الفساد من دون أن يستطيع السير بأي فضيحة الى المساءلة أو المحاسبة". واكد ان "سلطة الإعلام مرتبطة بواقع السلطات الأخرى: التشريعية، التنفيذية والقضائية، ولا يمكن فصل سلطة الإعلام عن هذه السلطات، فحين تتعطل هذه يتعطل دور الإعلام، وهذه القاعدة تنطبق على لبنان كما على الدول الأخرى". وقال: "وهنا العودة الى الحريات الأساسية في ظل الأنظمة السياسية، الحريات العامة أولا التي تضمنها الأنظمة السياسية التي تؤمن بالحرية، حرية الرأي والفكر والتعبير والممارسة السياسية، هنا ربما تكمن مشكلة العالم العربي الأولى وهي غياب الحريات التي تعطل في طريقها دور الإعلام". وتابع: "تحت شعار الحفاظ على الأمن العام، أو التقاليد أو الدين، قيدنا الفكر وحولنا أوطاننا الى معسكرات، تولد عنها الفكر التكفيري والإقصائي، نقيد الإعلام ونمنعه من الوصول الى مصادر المعلومات ومن لعب دوره الرقابي والنقدي. انه تحدي جامعاتنا بأن تطلق نخبا متحررة، أن تزرع من جديد ثقافة الحرية والتعدد الفكري والتقدم ورخاء الإنسان واحترامه". وأعلن "ان كلية الإعلام في الجامعة اللبنانية مدركة لدورها، وهذا المؤتمر يصب في هذا الإطار، ويسرني أن أعلن ان معالي رئيس الجامعة اللبنانية، وفي إطار مجلس الجامعة، أطلق الأسبوع الماضي مركز الأبحاث العلمية في كلية الإعلام وإنشاء مختبرات علمية فيها، ما يفسح في المجال لزيادة مساهمة الكلية في البحث العلمي الذي هو اليوم من أولويات سياسة الجامعة". وشكر صدقة المشاركين في هذا المؤتمر، "وهم من النخب الذي يؤمنون بأن تقدم مجتمعنا العربي هو من مسؤوليتهم، وان الفكر والثقافة هما الطريق التي التقدم والمستقبل. شكرا للحضور الكريم، وعلى أمل تحولات إيجابية لأوطاننا ولشعوبنا العربية، عاشت الجامعة اللبنانية وعاش لبنان". السيد حسين وكانت كلمة لرئيس الجامعة السيد حسين قال فيها: "إن عنوان هذا المؤتمر "الإعلام العربي وأسئلة التغيير في زمن التحولات" هو عنوان عريق يمكن أن نجد تحته عناوين فرعية متعددة، لكن من خلال اطلاعنا على ملخصات الأوراق التي ستقدم في المؤتمر والتي ستجمع في كتاب يصدر لاحقا عن مركز دراسات الوحدة العربية، لاحظت أمرا أتفق مع الباحثين عليه وهو الفوضى الإعلامية الضاربة في بلادنا العربية، فمن جهة ننتقد عقودا من القهر والتضييق من خلال أنظمة توتاليتارية، ومن جهة أخرى نقول هذه الحريات التي نتحرك من خلالها أصبحت بلا ضوابط. إذا المطلوب هو الضوابط، فلنبدأ بضوابط قانونية". أضاف: "أنا أعترف كمسؤول في هذه الدولة أيا يكن الموقع، أن قانون الإعلام المرئي والمسموع الصادر في الدولة اللبنانية سنة 1994 لم يطبق. وبمراجعة القانون نجد أن هناك تحديدا لكيفية تكوين وإنشاء جهاز إعلامي في الكادر البشري، في التمويل وفي الدور الوطني". واكد "ان مسألة دور الإعلام الرقمي والعامل الإتصالي في الإعلام العربي هي مسألة ذات أهمية بالغة في عصرنا الحالي، إذ لم نستطع أن ننسحب من هذا العالم الرقمي الجديد فنحن في داخل هذا العالم حتى لو لم نرد ذلك، وعلينا أن ندرس بعمق تأثير التطور التكنولوجي على وسائل الإعلام وعلى كل التغيير والتحولات التي يتم درسها في هذا المؤتمر". وقال: "أحيانا يبدو الإعلام ضحية ومغلوب على أمره، وأحيانا يبدو الإعلام أنه مفتئد على حرية الشخص وذوقه في منزله عندما يشاهد مناظر الجثث المقطعة مثلا أو فنون التعذيب التي يتقنها الإرهابيون والداعشيون وما أكثرهم من فئات وطوائف وجهات متعددة. فما هي الضوابط؟ قد تختلف المجتمعات الإنسانية لكن علينا أن نلاحظ هذا الجذع المشترك بين كل الثقافات والحضارات التي تحترم الذوق الإنساني وحرية الإنسان والشخصية الوطنية". وطنية

افتتحت كلية الإعلام في الجامعة اللبنانية، بالتعاون مع فريق “دال” للدراسات الإعلامية…
WWW.UCIPLIBAN.ORG

mardi 3 mai 2016

La Classe inversee va t elle revolutionner l ecole

Alors que s’achèvent les deux journées consacrées à la loi de refondation de l’école, enquête sur la classe inversée, une pédagogie qui déplace le cours magistral à la maison pour mieux accompagner les élèves en classe.

http://www.la-croix.com/Famille/Education/La-classe-inversee-va-t-elle-revolutionner-l-ecole-2016-05-02-1200757392

dimanche 1 mai 2016

Pourquoi les médias sociaux ne changent-ils pas le monde ?

Pourquoi les médias sociaux ne changent-ils pas le monde ?

La prolifération de l'usage des médias sociaux n'a pas abouti à un changement social significatif, estiment les chercheurs Alex Pentland, Manuel Cebrian et Iyad Rahwan dans un article (.pdf) du dernier numéro de la revue Communications of the ACM. Pour Alex Pentland, le directeur du Laboratoire des dynamiques humaines du Media Lab du MIT (dont nous avons souvent parlé, notamment en rendant compte de son livre sur la physique sociale) et du groupe de travail sur la science de la connexionIyad Rahwan (@iyadrahwan) directeur du groupe de recherche Scalable Cooperation du Media Lab et Manuel Cebrian du groupe de recherche consacré aux données Data61 de l'agence nationale de la recherche australienne, le CSIRO, si les médias sociaux ont fourni un carburant aux mobilisations spontanées, ils n'ont pas aidé à construire un changement social durable et réfléchi, c'est-à-dire des actions collectives coordonnées.

Pourquoi les médias sociaux ne parviennent-ils pas à transformer les mobilisations ?

Pour les 3 chercheurs, le fait que l'âge d'or des médias sociaux coïncide avec une crise du leadership mondiale, liée à notre incapacité à résoudre les grands enjeux auxquels nous sommes confrontés, n'est pas surprenant. Ni les leaders charismatiques ni les foules anonymes ne semblent être désormais en mesure de rendre les grands enjeux suffisamment populaires pour mobiliser et permettre à la société d'agir. Le paradoxe de la coexistence des médias sociaux avec la Fin du pouvoir qu'évoque l'éditorialiste et ancien ministre du Venezuela Moisés Naim(@moisesnaim) dans son livre semble plus pertinent que jamais.

Vidéo : Les chercheurs ont illustré leur article d'une vidéo et d'une BD (.pdf).
Ces dernières années, les médias sociaux ont pourtant été les catalyseurs d'intenses mobilisations allant des Printemps arabes, à Occupy ou encore à la chasse à l'homme suite aux attentats de Boston ou les règlements de comptes en ligne qui ont suivi les émeutes de 2011 en Angleterre... Dans la plupart de ces événements, les médias sociaux ont été les animateurs des mobilisations, mais sans parvenir à réaliser leur potentiel. Si les médias sociaux parviennent à mettre les sujets sur la scène, ils ne parviennent pas à les transformer, à les accomplir.
Pour ces spécialistes de l'analyse des réseaux, il est plus que nécessaire de comprendre pourquoi les médias sociaux ne sont pas parvenus à devenir un canal pour construire le changement social. Si la compréhension des processus de mobilisation sociale a progressé, nous sommes loin d'être parvenus à une théorie fiable. En d'autres termes, si nous avons développé des modèles capables de prédire la propagation d'idées en ligne, nous manquons de modèles pour prédire le changement de comportement. "Nous soutenons que ces échecs d'utilisation et de prédiction ne sont pas causés par un manque d'expertise dans l'analyse des données, mais par une attention insuffisante sur les structures d'incitation sous-jacentes, le réseau caché de motivations interpersonnelles qui constituent le moteur de la prise de décision collective et de l'action."

L'information ne suffit pas : comment construire de l'incitation à l'engagement ?

Pour les chercheurs, certaines expériences de mobilisation sociale ont montré le rôle des modalités d'incitation et pas seulement d'information. La capacité à faire levier des motivations personnelles des gens semble bien souvent un puissant moteur. Or, force est de constater que les médias sociaux peinent à maintenir et à favoriser la mobilisation sociale. Ils sont conçus pour maximiser l'information, la propagation et la viralité, au détriment de la construction de l'engagement et du consensus. Les médias sociaux actuels se préoccupent plus de diffusion d'informations qui sont chacune en concurrence pour l'attention des gens, que d'incitation ou de recrutement à l'action.
Pour les chercheurs, les médias sociaux commerciaux (parce qu'ils sont commerciaux) ont un "biais de viralité", qui conduit la recherche elle-même à se concentrer sur la dynamique de diffusion de l'information, plutôt que sur le recrutement à l'action. Selon eux, il est primordial de parvenir à mieux cartographier les incitations qui mènent à l'action... Les réseaux sociaux permettent de très bien mesurer la diffusion, mais beaucoup moins d'autres processus comme la réflexion, le processus argumentatif ou la formation de consensus... qui sont des facteurs importants pour relier les contenus à la motivation.

Des médias sociaux orientés vers le changement de comportement

Les 3 chercheurs rappellent tout de même que des progrès ont été réalisés dans la compréhension des incitations dans le domaine des sciences économiques, sociales et politiques, en faisant référence aux travaux sur la théorie de la conception des mécanismes d'incitation ou ceux sur les formes coopératives que sont le dilemme du prisonnier ou les jeux de l'ultimatum. Pour Pentland, Cebrian et Rahwan, ces méthodes sont autant de "sondes" qui permettraient d'affiner les modalités d'incitation dynamiques et doivent nous aider à développer de nouvelles générations de médias sociaux orientés vers le changement de comportements.
Si la diffusion d'information est essentielle à la formation des croyances, des opinions et des attitudes collectives, les incitations jouent un rôle tout aussi important. Convaincre quelqu'un est une chose, mais le recruter, l'engager à soutenir une cause exige plus de temps, d'efforts et de risques. Pour les chercheurs, il est essentiel de trouver de nouveaux paradigmes expérimentaux et de nouveaux outils d'observation qui favorisent non seulement la dynamique communicationnelle, mais aussi d'autres dynamiques qui engagent à la mobilisation sociale. Pour eux, il est essentiel de construire une nouvelle génération de médias sociaux qui favorisent la construction consensuelle de changements durables. "Les individus ne sont pas des atomes isolés. Sans une structure d'incitation correcte, un groupe d'individus ne peut pas se mobiliser en un collectif capable de résoudre des problèmes sophistiqués, voir changer la société". Pour les chercheurs, "c'est là la tragédie d'une société totalement connectée et également connectée".
Quand les gens discutent de questions sociales en ligne, il est très difficile pour eux de quantifier de façon fiable l'importance des différentes questions soulevées, peinant notamment à montrer la conscience (le nombre de personnes qui se soucient d'une question) comme la persistance (combien de temps les gens s'en soucient) de ces questions. Pour les chercheurs, cela rend difficile d'établir des seuils clairs d'importance permettant de prioritiser les problèmes. "Sans seuils significatifs pour l'action, l'ensemble de ces questions alternatives finissent par s'annuler mutuellement et conduisent au slacktisvism", comme le soulignait Moises Naim dans un récent article sur The Atlantic Cities.
L'attention individuelle et collective est finie. Si la capacité des plateformes pour déduire, manipuler et capter l'attention s'améliore, force est de constater qu'elles ne favorisent pas la coordination et la construction de collectifs complexes. Le "but" n'est jamais atteint...

Comment mesurer ce qui nous incite à agir ?

"Nous avons besoin d'une meilleure compréhension de la façon d'exploiter et d'activer les incitations des réseaux via le filtrage de l'information et la construction du consensus". Reste que ces incitations sont bien moins visibles. Elles se manifestent par les actions des individus qui proviennent elles-mêmes de multiples incitations. "Avant de produire une "théorie pratique de la mobilisation sociale", nous avons besoin de développer de nouvelles manières de mesurer, d'influencer et de modéliser les incitations en réseau pour interpréter l'action individuelle à leur lumière."
Pour Adam Smith, seules les actions observables comptent. Mais dans sa Théorie des sentiments moraux, Smith expliquait qu'une véritable compréhension des phénomènes sociaux doit intégrer une multitude de motifs psychologiques et culturels. "En déplaçant notre attention des processus viraux observables à la modélisation de la dynamique de la motivation sous-jacente", nous trouverons peut-être la voie vers la prochaine génération de médias sociaux.
Bien sûr, si les chercheurs pointent très bien les limites des médias sociaux actuels, ils n'expliquent pas vraiment à quoi ressemblera cette prochaine génération de médias sociaux...

Comment mobiliser efficacement nos relations sociales ?

Dans un autre article publié sur Medium, les auteurs reviennent sur la théorie des petits mondes ou des 6 degrés de séparation qui voudrait que nous soyons tous reliés les uns aux autres via des chaînes de relations individuelles de 6 maillons. Mais si ces théories nous permettent de mobiliser efficacement nos réseaux sociaux, ils ne disent pas grand-chose des procédures que les gens utilisent pour cela et ce d'autant qu'ils ne connaissent pas la structure des réseaux de nos amis d'amis. Pourquoi les gens participent-ils, relayent-ils (ou pas) les demandes qui parcourent ces chaînes relationnelles ?
Quand le sociologue Duncan Watts a entrepris de reproduire l'expérience de Milgram à l'ère d'internet en demandant aux gens de relayer un courriel, il a surtout constaté que la plupart des chaînes de recrutement s'éteignaient. Même si le coût pour chacun est minuscule, la plupart des requêtes formulées s'arrêtent en cours de route. Pour Watts, la raison était liée à l'insuffisance des incitations.
Pour les chercheurs cela montre que "si nous voulons exploiter véritablement la puissance de notre petit réseau mondial, nous devons fournir les bonnes incitations". Les chercheurs Jon Kleinberg et Prabhakar Raghavan ont imaginé alors des"réseaux de requêtes à l'incitation" consistant à récompenser les individus qui relaient les requêtes. Mais ce mode s'est révélé assez peu efficace en réalité, et très coûteux si ces incitations sont d'ordre financières par exemple...

Des défis pour comprendre le fonctionnement des réseaux

L'équipe du MIT a répondu en 2009 au défi réseau de la Darpa : un concours doté de 40 000 $ de prix consistant à faire retrouver 10 gros ballons rouges cachés sur le sol américain le plus rapidement possible via la mobilisation sociale. Elle a bien sûr remporté le défi en 6 heures en renversant les requêtes d'incitation. Plutôt que le recruteur fasse une offre aux recrues, celles-ci offraient une partie de la récompense à celui qui les avait recrutés pour participer.
Cette technique dite des "contrats fractionnés" est un moyen optimal pour recruter des personnes de manière distribuée, mais il a fallu 3 ans pour comprendre pourquoi ces contrats ont fourni un avantage concurrentiel par rapport aux requêtes d'incitation en réseau : l'avantage de ces contrats fractionnés est qu'ils nécessitaient de recruter très peu de personnes par recruteur pour fonctionner.
contratsfractionnes
Image : illustration du fonctionnement des contrats fractionnés, récompensant ceux qui ont recruté les participants.
En 2011, les chercheurs du MIT ont voulu répondre à un autre concours de la Darpa : le Darpa Schredder Challenge, un défi consistant à reconstituer un document déchiquetté en 10 000 petits morceaux. Pour répondre au défi, l'équipe du MIT a utilisé les contrats fractionnés pour recruter et mobiliser plus de 3500 participants, mais des actes de sabotage ont ébranlé ceux-ci, stoppant net les progrès collectifs et entraînant un exode massif des crowdworkers recrutés à cette occasion. Si l'équipe du MIT n'a pas remporté ce défi, elle a appris des limites de l'ouverture à la participation. Les contrats fractionnés et la production participative (crowdsourcing), comme la plupart des formes participatives sont souvent démunies face aux questions de malveillance, de vandalisme ou de sabotage.

Limiter le sabotage ?... Pas si simple !

Les chercheurs du MIT réfléchissent maintenant à des moyens pour désactiver le sabotage... Si les contrats fractionnés savent récompenser la participation le long des chaînes de recrutement, les recruteurs de saboteurs doivent être incités à vérifier, arrêter ou punir les saboteurs qu'ils ont recrutés. La solution pratique est encore à tester, estiment les chercheurs. Reste que réduire le sabotage ne sera peut-être pas si simple.
Des chercheurs ont en effet mis à jour le "dilemme de la production participative". En fait, dans le cas où des équipes recherchent le même type d'information, les comportements malveillants semblent la norme plus qu'une anomalie. Pire : rendre le sabotage plus coûteux ne dissuade pas les saboteurs, mais conduit toutes les équipes en compétition à un résultat moins efficace, du fait d'une recherche collective moins bienveillante et d'une plus forte agressivité. Si la recherche participative est efficace, facile à mettre en oeuvre et peu chère, elle est sensible à la malveillance notamment du fait même de ses méthodes de recrutement. Les formes participatives et leurs ennemies évoluent de concert : à mesure que l'une s'arme, l'autre répond. Tout l'enjeu est d'arriver à recruter plus de participants bienveillants que de malveillants.
En fait, estiment les chercheurs : la manière dont nous cherchons des gens donne beaucoup d'information sur ceux qui cherchent. Le sociologue Mark Granovetter a montré que l'étendu et la diversité de nos "liens faibles" nous donnent des opportunités pour augmenter nos capacités (voir notamment "Les liens faibles, moteurs de notre diversité informationnelle ?" et "Réseaux contre hiérarchies : liens faibles contre liens forts"). Les personnes qui peuvent plus facilement accéder à la connaissance, à l'information, aux possibilités d'emplois au sein d'une grande diversité de communautés sont plus en mesure que les autres de tirer parti de cette position privilégiée. Comme l'ont montrés les travaux de Marta Gonzalez duLaboratoire sur les mobilités humaines et les réseaux du MIT : les réseaux urbains sont constitués de communautés très homophiles. En fait, les humains ont favorisé les réseaux où un message peut atteindre tout le monde et permettre de trouver des personnes semblables de manière plus efficace, même si cela implique que tout le monde sache à quelles communautés la personne appartient. C'est un exemple de structure auto-organisée qui permet à de petits groupes d'individus de résoudre un problème complexe par la coopération en tirant profit de la connaissance collective.
Le problème est que les réseaux sont constamment en effervescence, constamment à la recherche d'une reconfiguration pour augmenter leur consultabilité, leur portée... quand bien même cela mène à un monde trop interrogeable, trop connecté au détriment de l'attention et de l'énergie de chacun. Un peu à l'image des médias sociaux que nous utilisons qui cherchent toujours à élargir le nombre de personnes auxquels vous êtes liés, quand bien même cet élargissement conduit toujours à une toujours plus insoluble infobésité. Pour les chercheurs, l'enjeu ne semble pas tant de trouver des configurations sociales simplifiées ou des modes pour disparaître des réseaux... que d'interroger les questions d'incitations et de participation, de concentration plus que de dilution, d'engagement et d'activité.
Hubert Guillaud

mercredi 20 avril 2016

Reporters sans frontières dénonce le recul de la liberté de la presse partout dans le monde


Reporters sans frontières dénonce le recul de la liberté de la presse partout dans le monde

Le Monde.fr avec AFP | 


http://s2.lemde.fr/image/2016/04/20/534x0/4905275_6_f774_reporters-sans-frontieres-a-publie-son_e374dc47e0fc3a40874ac3f326bd89d2.png

Reporters sans frontières a publié son classement annuel de la liberté de la presse en 2015.

Une dégradation de la liberté de la presse dans toutes les régions du monde en 2015, et particulièrement sur le continent américain. Tel est le constat dressé par le classement annuel de Reporters sans frontières, publié mercredi 20 avril. « Tous les indicateurs du classement témoignent d’une dégradation. De nombreuses autorités publiques essaient de reprendre le contrôle de leurs pays, craignant de trop grandes ouvertures du débat public », a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« Il est malheureusement notable que de très nombreux dirigeants dans le monde développent une forme de paranoïa contre l’exercice légitime du journalisme. Le climat général de peur entraîne une haine croissante du débat et du pluralisme, un verrouillage des médias par des gouvernements en pleine dérive autoritaire et liberticide, l’emprise grandissante d’intérêts particuliers sur l’information dans le secteur privé. »

Recul sur le continent américain

Si la situation s’est dégradée dans toutes les zones géographiques, elle a particulièrement reculé sur le continent américain, notamment en raison d’assassinats de journaliste en Amérique centrale. Ce continent passe ainsi derrière l’Afrique, même si la zone Afrique du Nord–Moyen-Orient reste la région du monde où les journalistes sont « les plus soumis à des contraintes de toutes sortes ».
En Amérique latine, « la violence institutionnelle, celle du crime organisé, l’impunité, la corruption et la concentration des médias constituent les principaux obstacles à la liberté de la presse », souligne RSF.
En Amérique du Nord, les Etats-Unis (41e) pâtissent de la cybersurveillance, et le Canada, qui perd 10 places (18e), a vu sa situation se dégrader « pendant la fin du mandat de l’ancien premier ministre Stephen Harper ».
Dans certains pays en crise, comme l’Irak (158e), la Libye (164e) et le Yémen (170e), « exercer le journalisme relève de la bravoure », souligne encore l’ONG. En bas du classement, comme l’an dernier, la Syrie stagne à la 177e place sur 180, derrière la Chine (176e) et devant le Turkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l’Erythrée (180e).

La Finlande toujours en première place

En Afrique, le Burundi perd 11 places (156e), ce pays ayant été « le théâtre de violences envers les journalistes après la candidature contestée puis la réélection du président Pierre Nkurunziza ».
L’ONG salue en revanche l’amélioration de la situation en Tunisie (96e), qui gagne 30 places, preuve, selon Christophe Deloire, qu’« il y a une consolidation des effets positifs de la révolution ».
Du côté des bons élèves, la Finlande conserve sa première place pour la sixième année d’affilée, suivie des Pays-Bas et de la Norvège. Si l’Europe demeure la zone où les médias sont le plus libres, RSF constate un affaiblissement de son modèle :
« Détournement du contre-espionnage et de la lutte contre le terrorisme, adoption de lois permettant une surveillance à grande échelle, augmentation des conflits d’intérêts, mainmise de plus en plus grande des autorités sur les médias publics et parfois privés, le continent ne s’illustre pas par une trajectoire positive. »
En France — le pays perd 7 places et pointe au 45e rang —, RSF déplore qu’« une poignée d’hommes d’affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias finissent par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale ».

image: http://s1.lemde.fr/medias/web/img/bg/vide.png

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/04/20/reporters-sans-frontieres-denonce-le-recul-de-la-liberte-de-la-presse-partout-dans-le-monde_4905276_3236.html#MOR1mKx8RRhCS5iY.99



http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/04/20/reporters-sans-frontieres-denonce-le-recul-de-la-liberte-de-la-presse-partout-dans-le-monde_4905276_3236.html

lundi 18 avril 2016

Le milliardaire copte égyptien Naguib Sawiris lance sa chaîne Africanews dans 33 pays de l’Afrique subsaharienne.

Propriétaire de la chaîne d’informations Euronews, le milliardaire copte égyptien Naguib Sawiris lance le 20 avril sa chaîne Africanews dans 33 pays de l’Afrique subsaharienne.
Naguib Sawiris étend son empire médiatique.
Naguib Sawiris étend son empire médiatique. / P. Desmazes/AFP
Africanews, petite sœur d’Euronews, doit permettre à l’homme d’affaires égyptien d’étendre géographiquement son empire médiatique, lui qui possède déjà en Égypte les chaînes ONTV et Ten, et le quotidien Al-Masry Al-Youm.
Installé à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, Africanews réunira près de 90 journalistes des quatre coins du continent. Sous le slogan « Africanews : your voice », la nouvelle chaîne promet d’être « la voix des Africains en Afrique et partout dans le monde ».
Il y a un an, à la surprise générale, Naguib Sawiris, 62 ans, raflait 53 % des parts d’Euronews en mettant 35 millions d’euros sur la table pour une chaîne européenne qui a toujours eu quelques difficultés à se positionner. Basée à Lyon, sur les bords de Saône, elle occupe un immeuble vert futuriste, signé Jakob + MacFarlane.

Business et politique

Au pays des Pharaons, tout le monde connaît les Sawiris. En 1950, le père, Onsi, crée Orascom Group, repris ensuite par ses fils, Naguib, l’aîné, Samih et Nassef. Depuis, chacun s’est spécialisé : Samih dans l’immobilier et le tourisme, Nassef dans la construction et les engrais, et Naguib, dans les télécommunications et les médias avec sa multinationale, Orascom Telecom Holding.
Les ambitions de Naguib dépassent le monde des affaires. En 2011, lors de la révolution égyptienne, qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak, ce membre de la communauté copte fonde le parti des Égyptiens libres, « pour aider les voix libérales laïques à rester en vie », qui obtient 65 sièges (13 %) aux dernières élections législatives de 2015.
Il espère surtout tenir à l’écart les Frères musulmans et autres extrémistes religieux. « Plus nous serons proches des sociétés modernes, laïques et libérales, plus nous nous éloignerons des façons de penser fondamentalistes », commente-t-il devant les médias.

Opportuniste ou concerné ?

En 2015, Naguib Sawiris, troisième fortune d’Égypte, surprend une fois encore l’Europe. Alors que des milliers de réfugiés syriens affluent sur le continent, il propose sur Twitter d’acheter une île en Grèce ou en Italie, pour les accueillir.
Opportunisme politique ? Coup de com’ ou émotion réelle face au drame humain ? « Elle sera indépendante, ajoute-il, et les réfugiés pourraient y construire une nouvelle vie. » Avant même d’avoir trouvé l’île, il l’a déjà baptisée, Aylan, du nom de ce petit garçon syrien de trois ans, retrouvé noyé sur une plage turque.
En 2016, les réfugiés syriens attendent toujours, mais, qui sait, l’homme peut encore surprendre.
Agnès Rotivel

http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Le-milliardaire-Naguib-Sawiris-lance-la-chaine-Africanews-2016-04-18-1200754181

Fwd: Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant





De : SIGNIS-Monde Communications <info@signis.net>
Date : jeudi 14 avril 2016
Objet : Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant
Les communicateurs catholiques pleurent la mort de Robert Molhant
Bruxelles, 14 avril 2016 (SIGNIS). Nous avons le regret de vous annoncer la
 triste nouvelle de la mort inattendue de Robert Molhant, dans la nuit du 11 
avril, à son domicile à Bruxelles. Premier secrétaire général de SIGNIS 
(2002-2005), et secrétaire général de l'OCIC, l'organisation catholique
 internationale du cinéma, (1979-200) pendant plus de 20 ans, c'était 
un pionnier créatif dans le monde des communications catholiques. Lors
 de sa retraite de SIGNIS, il a repris la présidence du CREC International
, le centre de recherche et d'éducation en communication, créé par Pierre
 Babin à Lyon en 1971.

Le Président de SIGNIS, Gustavo Andujar, a déclaré : « Je viens d'apprendre la
 triste nouvelle de la mort soudaine de notre bien-aimé Robert Molhant. C'était
 un géant des communications catholiques, qui, avec un charisme incomparable
et une vision éclairée, savait comment motiver les gens et mobiliser les ressources
 pour servir efficacement l'Eglise dans son domaine, ce qui est vital pour le présent
 et le futur de l'évangélisation. Un ami cher, un père et un grand-père aimant, un
 homme intègre, un homme bon. Nos pensées et nos prières sont avec sa famille.
Qu'il repose en paix ».
Pendant ses années au sein de l'OCIC et puis de SIGNIS, il a toujours cherché à
étendre la portée et l'influence des deux organisations. Un homme avec une
personnalité chaleureuse et généreuse, il encourageait avec passion le développement
 des communications catholiques à travers le monde, et il manquera grandement
 à ses nombreux amis. Il a mis un point d'honneur à rendre visite aux membres
des associations à travers le monde, en offrant son soutien personnel et ses
encouragements. Ses voyages étaient tellement nombreux que l'on ne savait
 jamais dans quelle partie du globe il se trouverait après !
Robert est né à Bruxelles en 1940 et a étudié la littérature et le cinéma à
 l'Université Catholique de Louvain, avant de devenir enseignant dans une
 école secondaire à Bruxelles. A la fin des années 1960, il fut le président du
 Conseil de la jeunesse catholique en Belgique francophone, puis secrétaire
général de la Fédération Mondiale de la Jeunesse Catholique et président de la
Commission Justice et paix francophone de Belgique. En 1979, il a été recruté
 par Yvonne de Hemptinne afin de devenir le premier secrétaire général salarié
 de l'OCIC.
Ce fut le début d'une nouvelle ère pour l'OCIC. Avec le dominicain Ambros
Eichenberger, président de l'OCIC, il a organisé un grand nombre de jurys
(catholiques, œcuméniques et interreligieux) dans des festivals de cinéma
et de télévision partout dans le monde : Cannes, Berlin, Venise, Monte-Carlo,
 Ouagadougou, La Havane, Mar del Plata, Téhéran… Il dynamisa la présence
des membres de l'OCIC dans des jurys internationaux, non seulement en
Europe, mais aussi en Amérique Latine, comme à La Havane et Mar del Plata.
 Il avait un intérêt particulier pour le cinéma africain et, grâce au soutien de
 l'Unesco, l'OCIC a publié une collection de livres sur ce sujet.
C'est lors de son mandat que l'OCIC et Unda (l'Association catholique mondiale
 pour la radio et la télévision) ont commencé à collaborer plus étroitement.
Robert a travaillé avec plusieurs secrétaires généraux de Unda, et en 1980,
 le premier congrès organisé conjointement eut lieu en Asie (Manille), suivi
par Nairobi (1983), Quito (1987), Bangkok (1990), Prague (1994), Montréal
 (1998) puis Rome (2001). Il est également à l'origine d'une autre initiative
 remarquable, le Marché international de la vidéo religieuse (Chantilly 1986,
 Lisbonne 1988, Driebergen 1992, Cologne 1996, Vilnius 2000 et Rome 2001).
 Le résultat final fut la fusion des deux organisations, en 2001, et la création de
 SIGNIS.
Robert devint le premier secrétaire général de SIGNIS en même temps que
Peter Malone en devenait le premier président. Renouvelant l'héritage de l'OCIC
 et de Unda, il emmena SIGNIS dans une nouvelle direction, celle des médias
pour une culture de paix, englobant une vision plus large de la société. En 2005,
 il quitta ses fonctions de secrétaire général mais continua, jusqu'à la fin de 2010,
 à animer le département télévision au sein de SIGNIS, qu'il avait lui-même créé.
Il fut nommé en 1985 en tant que consulteur pour le conseil pontifical pour les
 communications sociales et a contribué, pendant plus de vingt ans, à la préparation
 de nombreux documents de l'Eglise sur les médias, notamment Aetatis Novae (1992),
 l'éthique dans la publicité (1997) et l'Eglise et Internet (2002).
Pour marquer sa retraite de SIGNIS en 2005, Robert fut nommé Chevalier Commandeur
 de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Pape. En 2006, il reçut un Doctorat en
communications sociales (Honoris Causa) de l'Université Salésienne de Rome pour
 l'ensemble de sa carrière. Ses efforts pour s'assurer que l'OCIC et SIGNIS se
 développent en tant qu'organisations professionnelles, influentes et mondiales,
qui contribuent au développement des médias de qualité et
 « donnent une voix
 aux sans voix et un visage aux sans visages », furent salués.
C'était un homme dévoué à sa famille, à ses trois enfants et six petits-enfants.
Nos pensées et prières leur sont adressées.
SIGNIS
Association catholique mondiale pour la communication

310, rue Royale
1210 Bruxelles – Belgique
info@signis.net
www.signis.net