Dans une société hyperconnectée, où plus de 8 Français sur 10 fréquentent Internet, l’école entend tirer parti des nouvelles technologies. Elle apprend en tout cas à le faire, d’un « plan numérique » à l’autre, adaptant ses gestes professionnels, transformant ses relations avec les élèves, les parents… Mais d’Internet et des réseaux sociaux, l’école peut, parfois aussi, être la victime : c’est le sens de la conférence que les Autonomes de solidarité laïque (ASL), association de défense des intérêts des enseignants à laquelle la moitié d’entre eux adhère, organisait jeudi 17 novembre à Paris, dans le cadre du salon Educatec Educatice, pour appeler au « bon usage » des nouveaux outils.
« D’un usage débridé des nouveaux outils numériques, nous avons vu naître des attitudes plus violentes, explique Vincent Bouba, du bureau national des ASL. Aux échanges de mails désobligeants entre élèves sur un professeur, à la mise en ligne, sous couvert d’anonymat, de sites Internet aux contenus critiques, s’ajoutent aujourd’hui la prise de photographies en classe, la mise en ligne de vidéos, voire le déchaînement d’insultes sur Facebook. »
« Vaste défouloir »
- 4 747 dossiers ont été ouverts en 2015-2016 au titre de la « protection juridique professionnelle » que délivrent les ASL, contre 5 601 en 2014-2015, soit une baisse de 15 %. Deux tiers relèvent d’agressions verbales ou de diffamation.
- 67,18 % de ceux qui déclarent des sinistres sont des enseignants suivis par les chefs d’établissement (24,96 %), même si l’exposition aux risques de litiges des personnels de direction est cinq fois supérieure à celle des enseignants, au prorata des adhérents.
- 14,6 % des conflits sont internes à l’établissement (litiges avec la hiérarchie, un collègue ou employé d’établissement).
- Mattea Battaglia
http://www.lemonde.fr/education/article/2016/11/18/le-cyberharcelement-n-epargne-pas-les-enseignants_5033650_1473685.html

